Le beau monde de Vincent Peiffer : La reine du bal

Élisabeth est amenée à régner. Elle croit en l’avenir. Et aussi en la Belgique…

belgaimage-157403172-full

Celui qui ne sait pas qu’Élisabeth a eu 18 ans vendredi aura la fessée. Le barnum royal était impressionnant. Plus tôt, ça avait déjà chauffé dans les gazettes, avec plein de photos de la princesse comme à Miss Belgique. Dans les portraits, on insistait sur la modernité de la damoiselle (une princesse est toujours moderne). Vint le 25 octobre de l’an de grâce 2019. Et ce fut l’apothéose. Qué fiesse! Au palais, on organisa une trépidante cérémonie, en direct sur toutes les télés, qui avaient convoqué tous les “consultants” à superlatifs dégoulinants. Papa Philippe, dans un hommage “bouleversant” (ils l’ont dit), fit passer un message à sa grande: “N’aie pas peur de relever des défis!” Courageuse (les princesses le sont toujours), elle le rassura dans un moment qu’on sentait crucial. Et ce fut le soulagement: “Le pays pourra compter sur mon engagement!” Vive Élisabeth! On est sauvés! Les jeunes de sa génération le sont aussi puisqu’elle partage leurs “préoccupations pour l’avenir, en particulier pour le climat”. Mathilde pleure.

Où on a bien senti le côté contemporain d’une future reine déjà très proche de nous, le peuple belge, c’était l’après-midi. Élisabeth était reçue au Concert Noble par 500 baronnes et marquis de l’”Association de la noblesse du Royaume de Belgique”. Mieux encore, question proximité: le soir à Laeken, la reine du bal eut droit à un dîner-surboum avec 800 jeunes “amis” du gotha européen. Tout bien. Raison pour laquelle je ne félicite pas deux grincheux qui, dans les journaux du week-end, ont failli gâcher cet annif à la bonne franquette. Louis Michel craint pour la Belgique “un scénario catastrophe sans autre possibilité que le séparatisme”. Et l’ex-ministre Melchior Wathelet Père prétend que “la Belgique est devenue ingérable”. M’enfin, puisqu’on vous dit qu’on a Super-Babette, future reine confiante, volontariste, moderne et déjà très proche des Belges! En plus, on a aussi Sophie Wilmès, première Première ministre de l’histoire de ce pays plein d’avenir qui n’a pas de gouvernement de plein exercice depuis 300 jours. Deux femmes: bientôt Élisabeth et déjà Sophie au 16. Pas pour longtemps, O.K. Mais on fait avec ce qu’on a.

Cet article est issu de notre magazine papier. Pour plus d’infos qui piquent, rendez-vous en librairie à partir de ce mercredi ou dès maintenant sur notre édition numérique, sur iPad/iPhone et Android.

Sur le même sujet
Plus d'actualité