“L’Histoire de la Flandre” sur la VRT : programme éducatif ou propagande antibelge ?

Un docu-série de la VRT fait un carton d’audiences, mais son budget et les intentions politiques derrière le projet font débat.

het verhaal van vlaanderen
© VRT

Programme éducatif

L’histoire de la Flandre
Het verhaal Van Vlaanderen, la superproduction de la VRT incarnée par le populaire Tom Waes (Undercover) a déjà réuni 1,7 million de téléspectateurs. Cette série documentaire a été également grandement saluée pour sa qualité, sa pédagogie et sa fidélité historique.

Merci qui?
Pour financer le colossal budget de production de 6 millions d’euros, la télévision publique flamande a pu compter sur différents soutiens. 2,4 millions d’euros proviennent de subsides, dont une partie issue de portefeuilles ministériels (Enseignement, Culture, Tourisme), tous N-VA.

Apolitique?
Pour Tom Waes, ce programme n’a rien de propagandiste et n’a pas non plus été une commande de certains partis politiques. “Au fil des épisodes, il apparaîtra même que nous ne devons pas toujours être si fiers que ça d’être Flamands”, a-t-il déclaré sur les ondes de la VRT.

Dans le viseur du Canon
Ce documentaire semble s’inscrire dans la droite lignée du “Canon flamand” demandé par la Communauté flamande, qui souhaite que l’histoire enseignée à l’école donne plus de place à la Flandre, à ses personnages majeurs et aux dates importantes pour la Région.

https://www.youtube.com/watch?v=Xy2iZ9yapA4

Propagande antibelge

La Belgique unitariste
Bientôt une histoire de la Wallonie sur la RTBF? Selon différents observateurs, l’autre moitié du pays se sent plus attachée à son pays ou sa ville qu’à sa région. Et puis, un documentaire wallon exclurait les Bruxellois et un francophone rejetterait les Cantons de l’Est.

Addition salée
Un tel budget pour une série, alors que la VRT a des problèmes économiques et doit licencier 68 personnes, passe mal aux yeux de certains élus. La somme d’argent public impliquée fait également grincer des dents. Même le Fonds d’urgence Covid a contribué…

Renforcement du régionalisme
Même si les producteurs s’en défendent, pour beaucoup, notamment Vooruit et Groen, un tel documentaire sert l’agenda de la N-VA, qui n’a pas manqué de souligner le succès du programme, et cherche à renforcer un sentiment d’identité flamande chez le spectateur.

Une Belgique effacée?
Selon le politologue de la VUB Dave Sinardet, le simple fait que ce documentaire parle tant de “la Flandre”, si peu de “la Belgique”, et s’adresse au spectateur flamand à coups de “nous”, à la première personne du pluriel, est un choix “inévitablement politique” dans le contexte actuel.

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