Quel bilan pour le retour de la Star Academy?

Si elle n'est pas exempte de reproches, la saison 10 de la Star Academy a réussi son défi de faire revivre l'émission, chiffres à l'appui.

Star Academy
Logo de la saison 10 de la Star Academy ©TF1

Hier soir, la Star Academy a clôturé sa nouvelle saison, après 14 ans d’absence. Une finale remportée par Anisha, une des grandes favorites dès les premiers primes, devant ses trois autres concurrents (Louis, Enola et Léa). Mais au-delà du nom de la gagnante, ce qui importait surtout pour TF1, c'était de voir si le come-back de son émission culte tenait la route. Le public serait-il au rendez-vous? Les jeunes qui n'ont jamais connu la Star Ac', ou à peine, répondraient-ils présents? Aujourd'hui, la première chaîne française se montre satisfaite, avec des résultats louables et seulement quelques accrocs.

«Le bilan est très positif», selon TF1

Ce samedi, la finale peut se prévaloir d'avoir atteint un record d'audience pour cette saison 10. Pourtant diffusée à partir de 22h (Coupe du monde oblige), elle a réussi à attirer 25,7% de l'audience ainsi que 44,1% du public cible, celui des «femmes responsables des achats de moins de cinquante ans» (FRDA-50). Ces pourcentages sont même montés respectivement à 28,4% et 44,5% pour la deuxième partie de l'émission. Selon Médiamétrie, la quotidienne a également jouit d'un certain succès. La moyenne tournait autour de 1,76 million de téléspectateurs, ce qui représente 16,3% de l'ensemble du public et 36% des FRDA-50. La dernière émission, vendredi dernier, a attiré 1,94 million de fans.

Bien sûr, ces résultats ne rivalisent pas avec ceux des neuf autres saisons (les six premières avaient un résultat moyen de 30-40% de part de marché) mais le paysage médiatique est aujourd'hui beaucoup plus morcelé. La seule comparaison possible, c'est avec les émissions d'aujourd'hui. Or sur ce plan, la Star Academy arrive à se défendre. Son dernier prime a eu de meilleures audiences que les finales des six dernières saisons de The Voice. Les autres samedis soirs ont parfois été très moyens mais de fait, la Star Ac' n'a pas sombré, qu'importe les cassandres qui prévoyaient sur les réseaux sociaux un naufrage couru d'avance.

Pour TF1, c'est le soulagement. «Le bilan est très positif. On a réussi à toucher un public intergénérationnel, avec un fort succès sur les enfants, les ados et jeunes adultes», se réjouit Rémi Faure, directeur des programmes hors fiction pour le groupe TF1. Il affirme même à Ouest-France que la quotidienne a permis à la première d'atteindre «les meilleurs niveaux 15-34 ans depuis juillet 2007 pour un programme hebdomadaire».

Une saison progressiste

TF1 semble donc avoir réussi son défi. Elle a fait revivre sa télé-réalité musicale phare tout en y ajoutant quelques nouveautés. Le casting était varié et surtout moins enclin aux clashs. Plus de mâles alpha comme Jean-Pascal ou Georges-Alain! Le «bad boy» de la saison 10, Julien, est bien loin de l'image sulfureuse de ses prédécesseurs. Globalement, la nouvelle génération est plus respectueuse, très loin des télé-réalités à la NRJ12, ce qui ne l'a empêchée d'attirer les jeunes téléspectateurs. «Le casting est l’un des éléments dont on est le plus fier», affirme même Rémi Faure.

S'il y a eu des polémiques, cela restait là aussi beaucoup plus sage. Une professeure a par exemple critiqué sèchement un candidat, sans pour autant rivaliser avec le ton cinglant des debriefs de Raphaëlle Ricci. Elle a pourtant fait son mea culpa. Une candidate a également défendu Marc Lavoine, qui lui a donné un bisou dans le cou après avoir voulu la rassurer, des couacs techniques ayant perturbé son passage sur scène. Il est loin le temps où Jenifer se voyait critiquée sur son poids en plein direct sans susciter de réactions outrées. Autre signe que les mœurs ont changé: l'émission veut explicitement casser les codes en faisant danser des hommes en talons. Une belle évolution depuis l'époque où Jean-Pascal affirmait que «la danse, c'est pour les pédés»!

La vie au château a fait mouche

Un autre défi pour l'émission, c'était de s'adapter à l'arrivée des réseaux sociaux, qui existaient à peine dans les années 2000. Manifestement, les internautes ont adhéré. Il y a par exemple l'amitié forte née entre Louis et Enola qui a ému beaucoup de spectateurs. Les masterclass au château avec des artistes (Slimane, Camélia Jordana, Bilal Hassani, etc.) ont réservé eux aussi de beaux moments. Encore cette semaine, la toile s'est montrée émue lorsque Lara Fabian est venue au château de Dammarie-les-Lys, à la grande surprise des candidats. Des professeurs comme Yanis Marshall jouissent d'un joli succès en ligne.

En parlant des enseignants, TF1 a réussi à tourner la page de l'ancien corps professoral qui comportait pourtant de grandes figures. Michael Goldman a remplacé avec brio Alexia Laroche-Joubert avec ses commentaires justes et bienveillants. La professeure de chant, Adeline Toniutti, a dû marcher dans les pas d'Armande Altaï, Yannis Marshall dans ceux de Kamel Ouali. Bref, ce n'était pas gagné d'avance. Et pourtant, la nouvelle équipe a su imposer son style.

@staracademytf1 Découvrez les perles de Yanis marshall ! On en redemande 😄 👉 Pour ne rien louper de l’aventure #StarAcademy⭐️, rendez-vous sur #TF1 et #MYTF1 ♬ son original - Star Academy

Quelques défauts malgré tout

Bien sûr, on peut aussi faire des reproches à la Star Ac' 2.0. Le niveau des élèves était par exemple clairement moins élevé que du côté de The Voice. Un défaut compensé par une belle marge de progression, fruit d'un entraînement intense au château. Il y a aussi bien moins de stars internationales que durant les années 2000. «En toute transparence, on aurait aimé qu’il y en ait un peu plus», avoue Rémi Faure. Mais là aussi, les temps ont changé. Il est plus difficile d'attirer une Beyoncé ou une Adele. Si Robbie Williams était désigné parrain de la saison 10, il n'a été que très peu présent, en n'étant là que lors de la finale. À la place, TF1 a réussi à attirer le gratin de la scène musicale francophone, ce qui compense en partie.

Enfin, le plus gros défaut de cette nouvelle saison, c'est probablement son temps de diffusion très court: un gros mois seulement. De quoi donner un sentiment d'empressement. Cinq primes ont suffi pour passer de 13 à 4 candidats! Une célérité que TF1 ne cache pas et dit même subir. «On ne pouvait pas démarrer plus tôt parce qu’on n’aurait pas été prêts et parce que d’autres programmes étaient diffusés sur TF1. Pour la fin, on savait qu’il y avait la Coupe du monde et qu’on ne pourrait pas allonger l’aventure», assure le directeur des programmes.

La chaîne pourra peut-être se rattraper avec une éventuelle saison 2023. Car oui, elle serait déjà en préparation. «La prochaine saison était quasiment actée avant même le lancement de la saison 10, mais on devait quand même attendre les audiences», a confié une source de la production à Télé-Loisirs. D'après le magazine, elle pourrait s'étendre de «12 à 15 semaines». Assez pour faire durer le plaisir donc, cette durée correspondant plus ou moins à celle des saisons des années 2000.

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