Stéphane Henon sur la fin de Plus belle la vie : "Je ne suis pas amer"

Adieu le Mistral ! Au bout de 18 saisons, Plus belle la vie tire sa révérence avec un ultime prime événement. Stéphane Henon qui incarne le policier Jean-Paul Boher depuis seize ans revient sur cette aventure hors du commun et la fin du feuilleton quotidien lancé en 2004.

stéphane henon dans Plus belle la vie
© Olivier Martino – FTV – TELFRANCE

Boher termine la série en tant que commissaire, c’est une consécration?
Je ne sais pas si c’est une consécration, mais ­comme il n’a pas fait d’études, c’est un beau parcours. Il ­commence comme simple brigadier puis il est passé capitaine après avoir réussi une enquête. C’est bien de terminer là-dessus et de mettre un joli costume.

Comment analysez-vous son évolution d’un point de vue plus personnel?
Il est rentré dans le rang. C’était un flic raciste au début. Ensuite, il s’est marié avec une Algérienne et s’est adouci. Le mariage, la paternité l’ont calmé et en ont fait une sorte de nounours. Il râle, mais il a un bon fond. Je pensais que je pouvais le faire vieillir.

Votre rôle a-t-il changé votre regard sur le métier de policier?
Non, car j’ai été éduqué dans le respect de la police. Je sais ce qu’ils vivent et c’est très compliqué à gérer. J’étais bien accueilli du côté des flics et des voyous. Même des taulards ont découvert mon personnage en prison. C’est une sorte d’antihéros très humain.

Que pensez-vous des apparitions récentes d’anciens personnages comme Samia?
Cela permet au public de retrouver les personnages disparus qu’ils ont aimés. Moi, j’étais ravi de revoir Fabienne Carat à l’occasion de ces “apparitions”. Il va retrouver sa femme et elle va l’aider. On a tourné des scènes très émouvantes ensemble. Les sentiments étaient mélangés.

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Qu’avez-vous ressenti au moment de tourner votre dernière scène?
C’était à Allauch près de Marseille. J’étais avec mon pote Jérôme Bertin. On a eu plein de pots avec les acteurs et les techniciens qui partaient successivement. La charge émotionnelle était très forte. Il y a eu des larmes à chaque fin de session parce qu’on formait une famille. On a ressenti beaucoup d’amour et on a profité au maximum des derniers tournages.

Cet arrêt du feuilleton est-il injuste?
Non, je ne dirais pas ça même si c’est tombé comme un couperet et cela été assez violent pour tout le monde. Bien sûr, c’est une décision un peu politique, on aurait pu mettre plus de formes, mais je ne suis pas amer. Avec le recul, j’étais censé être là pour trois semaines et je suis resté seize ans. Mon vrai travail, c’est de retrouver du travail, donc je redeviens intermittent du spectacle comme la quasi-totalité des ­comédiens. Tous les jours, j’ai des téléspectateurs qui viennent me voir. Ils sont malheureux parce que Plus belle la vie c’était un rendez-vous qui a rythmé leur vie. Bien sûr, c’est triste et j’ai eu les boules, mais comme on dit à Marseille, on sera à jamais les ­premiers.

Que vous inspire le dernier prime?
C’est une fin ouverte et personne n’a appuyé sur le bouton rouge. À part Roland, personne ne meurt. Peut-être que tout cela n’est qu’un au revoir et que Plus belle la vie reviendra un jour d’une manière ou d’une autre.

Plus belle la suite ?

Même si la fin de la série a été un coup dur pour plusieurs comédiens et techniciens et la ville de Marseille, les acteurs pensent déjà à l’après. L’étiquette PBLV qui était parfois un peu encombrante pour tourner dans d’autres fictions ­semble aujourd’hui être un atout. Les comédiens habitués à tourner rapidement sont très vite opérationnels. “On m’a appelé pour tourner dans des séries policières comme Léo Mattéï sur TF1 sans passer de casting. Je vais aussi jouer dans d’autres unitaires pour France Télé et dans Meurtres à” explique Stéphane Henon qui ne serait pas contre une série policière de 6 x 52 minutes autour de Boher.

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