Soeurs de combat : portrait de ces femmes unies pour le climat

Elles sont jeunes et luttent pour l’environnement. Commenté par Cécile de France, Sœurs de combat suit leur parcours, entre espoir et détermination.

une femme manifestant pour le climat
© Isopix
Diffusion le 7 novembre à 20h35 sur La Trois

En décembre 1997, Julia Butterfly Hill s’est battue pour sauver une forêt de la destruction au nord de la Californie, en traitant le mal par la racine… au propre comme au figuré ! Car la jeune femme a vécu pendant 738 jours en haut d’un séquoia géant pour faire reculer l’entreprise forestière qui ravageait la zone menacée. Le réalisateur belge Henri de Gerlache a rencontré Julia en 2017, en tournant la série Histoires d’arbres pour Arte. L’idée lui est alors venue de mener une réflexion approfondie sur le sujet, comme il l’a raconté à Moustique: “C’est à peu près au même moment que Greta Thunberg et d’autres jeunes femmes comme Anuna De Wever et Adélaïde Charlier ont ­commencé leur combat. J’y ai vu un lien évident. J’ai suivi Anuna dans ses premières manifs et j’ai été séduit par son enthousiasme. J’ai retrouvé chez elle les mêmes motivations que chez Julia vingt ans plus tôt”.

C’est ainsi qu’au fil des rencontres, le cinéaste a fait la connaissance de Luisa (Allemagne), Léna (France), Leah (Ouganda) et Mitzi (Philippines), vivant dans des réalités socio-économiques différentes, mais toutes portées par une énergie similaire. Leur parcours est évoqué dans Sœurs de combat, déjà auréolé d’un prix du public pour le meilleur documentaire au récent Fiff de Namur. Mais pourquoi aborder le sujet sous une ­approche 100 % féminine ? “C’est un angle que j’ai choisi, mais ça ne veut pas dire que les hommes ne font rien, explique Henri de Gerlache. Par contre, ce sont surtout des femmes qui sont arrivées au premier plan de ce combat, d’où ce parti pris entièrement assumé. Par ailleurs, le séquoia sauvé il y a 25 ans avait reçu un prénom féminin, Luna. Les activistes l’avaient investi un soir de pleine lune et Julia, qui est très intuitive, y a fait un transfert d’énergie féminine pendant son long séjour sur ses branches.

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Pour autant, tout combat a ses contradictions. Dans le film, Léna peine à contre-argumenter quand elle se voit reprocher par des détracteurs d’utiliser un smartphone, qui contribue à la ­pollution numérique et qui est fabriqué avec des matériaux extraits dans des conditions souvent précaires. Mais pour le réalisateur, la critique est simpliste: “Nous sommes tous perclus de contradictions par rapport à l’ampleur de la tâche à accomplir, pour apprendre à vivre plus en connexion avec la nature et pour changer un peu nos comportements. On ne peut pas reprocher à la jeunesse d’aujourd’hui d’utiliser tous les moyens technolo­giques que nous lui avons mis entre les mains. Et je crois au contraire que les jeunes les utilisent à bon escient pour rester en contact entre eux afin de ­communiquer rapidement et efficacement et faire connaître leurs actions”.

Parallèlement aux récits de ces jeunes activistes, le témoignage de Julia Butterfly constitue un beau passage de témoin: “On la sent apaisée, avec davantage de recul et de sagesse dus aux expériences passées. Elle a un peu une figure de grande sœur qui conseille les plus jeunes et leur passe le relais, son combat représentant par ailleurs un gage d’espoir”. À partir d’une action locale qui a sauvé quelques hectares de forêt à la fin des années 90, les racines de la lutte se sont dispersées à travers le monde et sont aujourd’hui consolidées par des sœurs de combat déterminées à poursuivre leur juste cause.

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