Des gens bien, nouvelle série des créateurs de La trêve : une sorte de Fargo en Ardenne

Entre polar et comédie noire, Des gens bien, nouvelle production de l’équipe de La trêve, bouscule ce qu’on a l’habitude de voir à la télé belge et cite le cinéma des frères Coen.

des gens bien
© RTBF
Diffusion le 23 octobre à 20h50 sur La Une

Longtemps dédaignées, les séries belges francophones ont la cote depuis le succès de La trêve. Grâce aux enquêtes et autres polars, elles ont retrouvé, ou gagné diront certains, leurs lettres de noblesse. Depuis quelques années, la RTBF, principale productrice de ces œuvres, propose des séries dans des genres bien plus variés. Mais rien à faire: le genre policier est celui qui a le plus de succès, chez nous comme hors de nos frontières.

Stéphane Bergmans, Benjamin d’Aoust et ­Matthieu Donck, les créateurs de La trêve, ­reviennent avec une série très différente sans s’éloigner totalement de leur création précédente. Dans Des gens bien, on découvre Tom Leroy, jeune policier dans la province de Luxembourg, près de la frontière française, en mauvaise posture. Après une sortie de route, sa voiture a terminé dans un fossé puis a pris feu alors que sa femme n’a pas pu sortir du véhicule… Enfin ça, c’est ce qu’il racontera à ses confrères. Puisqu’ils le connaissent bien, ils ne doutent pas un instant de son histoire, sauf un. Pour Philippe, quelque chose cloche. Tom ne semble pas aussi triste qu’il le devrait. Il va donc mener l’enquête…

Le spectateur, lui, sait. Les toutes premières secondes du premier épisode montrent que la version de Tom diffère de la réalité. Il va donc essayer, comme le public, de comprendre ce qui s’est ­véritablement passé. Ce n’est qu’après que Tom et Linda passeront à l’avant-plan et qu’on en découvrira un peu plus sur l’enchevêtrement de décisions osées et situations folles qui ont mené à cet accident, mais aussi sur ses conséquences. En six épisodes, Des gens bien souffle un vent de fraîcheur dans le monde des séries francophones. Il s’en distingue par de nombreux points. Tout d’abord par sa chronologie non linéaire, qui revient en arrière pour mieux poursuivre vers l’avant, par ses changements de personnages ­principaux et de perspective, mais surtout par son style, entre polar et comédie noire, mélange plutôt inédit chez nous, qui fait automatiquement penser aux films des frères Coen, Fargo en tête. En bonus, on retrouve beaucoup d’acteurs invités comme François Damiens, Dominique Pinon, Corinne Masiero ou Bouli Lanners.

C’est ce “ton différent” qui a poussé Bérangère McNeese (HPI, Unité 42) vers le rôle de Linda, central dans la série. “Ça m’a plu dès le scénario et même pendant le casting. C’était un terrain de jeu très intéressant”, raconte l’interprète de Linda. Idem pour Lucas Meister, qui joue Tom, emballé dès ses essais. “J’ai beaucoup ri en lisant le scénario. Il est assez généreux, il arrive beaucoup de choses aux personnages. Le mien reçoit beaucoup dans la ­tronche et doit réagir.” Passer régulièrement d’un ton sérieux à un autre plus léger sur le même projet ne les a pas déstabilisés, au contraire. “C’est ce que je préfère, raconte Bérangère. Ce que ressentent les personnages, c’est au premier degré, c’est très sincère. C’est marrant de jouer avec la limite entre ce que ressent le personnage et le recul qu’on a, qui nous fait nous rendre compte du ridicule de certaines situations.” Sans trop en dévoiler, les héros Tom et Linda font parfois des choix assez drastiques et/ou discutables dans la série. À se demander si la série porte bien son nom finalement. “Je pense qu’ils font du mieux qu’ils peuvent face aux situations dans lesquelles ils se retrouvent. On suit vraiment leur parcours et on voit qu’ils sont toujours sincères”, répond Lucas. “Il n’y a pas un antagoniste qui soit vraiment méchant. Chacun fait un peu comme il peut, commente sa partenaire. Ici, ce sont des gens bien qui font un peu n’importe quoi, mais tout au long de la série, on se dit quand même que ce sont des gens bien.

En tout cas, cette nouvelle ère, plus diversifiée, pour la série belge francophone ravit le duo de comédiens. “Si on regarde La trêve, Baraki ou ­Pandore, ce sont des projets très différents. C’est ce qui a beaucoup changé ces dernières années et c’est super pour les spectateurs comme pour les comédiens, qui peuvent jouer dans des univers très variés et des projets plus différents à défendre.

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