Soleil vert : quand Hollywood invente l’écologie

1973. Richard Fleischer signe Soleil vert, film SF visionnaire qui alerte sur les catastrophes climatiques et environnementales à venir. Qu’avons-nous fait de ce cri?

Soleil vert
© Prod.
Diffusion le 10 octobre à 20h50 sur Arte

Soleil vert sort en 1973, en plein choc pétrolier. Nixon a menti. Le Watergate et la guerre du Vietnam ont plus que jamais divisé l’Amérique. C’est l’époque de la contre-culture et le cinéma US n’est pas en reste. Oubliés le strass, les paillettes, les héros sans peur et sans reproche. Place à l’écran aux marginaux, aux faibles, aux coins sombres et à la remise en question. Bienvenue dans le Nouveau Hollywood. La décennie (60-70) du cinéma indépendant américain à la liberté quasi totale, avec sa pépinière de talents comme Scorsese, Ashby, Nicholson, De Niro, Cimino… Soleil vert s’inscrit parfaitement dans cette “nouvelle vague”, mais avec quelques “plus” très significatifs. Comme le film The Swimmer avec un Burt Lancaster vieillissant, il fait de Charlton Heston, acteur également emblématique de l’Amérique triomphante, son héros. Plus fort encore: loin des films de SF aux aliens menaçants, il anticipe avec une acuité étonnante les catastrophes climatiques et environnementales d’aujourd’hui (et de demain) provoquées en bonne partie par l’humain.

Le New York apocalyptique décrit par Richard Fleischer n’est pas loin du nôtre. Ce documentaire édifiant, doté d’archives inédites, appuyées par des acteurs, des techniciens du film mais aussi des climatologues, démontre à quel point Soleil vert, film visionnaire, “sent” avant tout le monde la question essentielle de l’écologie dans les décennies à venir. Et démontre aussi son engagement politique peu commun, audacieux et novateur, en liant cette question écologique aux inégalités sociales.

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