L’origine du monde, le premier film risqué (mais réussi) de Laurent Lafitte

Avec L’origine du monde, Laurent Laffite bouscule les conventions dans une comédie bien barrée.

Laurent Lafitte dans son film l'origine du monde
© Prod.
Diffusion le 7 octobre à 20h30 sur Be1

On connaissait Laurent Laffite en tant que comédien. Le sociétaire de la Comédie-Française a ajouté une corde à son arc avec un premier passage derrière la caméra. Un coup d’essai dont il s’est très bien sorti, en adaptant une pièce de Sébastien Thiéry au pitch des plus improbables: un quadra (incarné par Laffite lui-même), aisé mais pas vraiment heureux, se rend compte avec effroi que son cœur ne bat plus. Sa femme (Karin Viard) l’emmène alors chez une sorte de coach gourou (l’épatante Nicole Garcia) qui lui explique que le seul remède est de remonter à l’origine du monde, c’est-à-dire… voir et photographier le sexe de sa mère, à qui il n’a plus parlé depuis des années! Le résumé paraît glauque, mais c’est au contraire un récit vachement (dé)culotté qui s’amuse à secouer quelques-uns de nos tabous: “Je voulais que le héros soit sauvé par une femme et qu’on puisse tous rire sur ce tabou que les hommes et les femmes partagent, le sexe de nos mères”, expliquait l’acteur-réalisateur à Moustique lors de la sortie du film.

Avec un titre qui fait référence au célèbre tableau de Courbet, le ton était donné d’emblée, et pour ne pas faire les choses à moitié, Laffite n’hésite pas à se mettre lui aussi à nu – au sens littéral – avec ses comédiens, afin de nous titiller là où il faut, avec une bonne dose d’absurde mâtinée de psychanalytique. La dernière demi-heure est tordante, agrémentée des prestations d’un Vincent Macaigne débarrassé de sa barbe – et de ses vêtements – pour l’occasion et d’une Hélène Vincent (La vie est un long fleuve tranquille) exquise en vieille mère psychorigide. Et si le pari de Laurent Laffite était risqué, son Origine du monde débouche sur la naissance d’un réalisateur drôlement inspiré.

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