La Cour, le film bouleversant d’Arte sur le harcèlement scolaire

Quand les querelles de récréation prennent une dimension de moins en moins contrôlable.

La cour
© Arte
Diffusion le 30 septembre à 20h55 sur Arte

La cour de récré est un véritable écosystème qui a de quoi inquiéter à première vue. Ici, le bruit est constant et l’animation ­omniprésente. Dans un coin, un garçon et une fille semblent animer vivement leur discussion. Plus loin, une échassière menace de tomber à tout moment sur ses camarades. À proximité du préau, trois amies jouent à la corde à sauter. Il y a aussi ce foot, dont le terrain prend une place importante, s’étalant de la marelle à la grille de l’école. Puis il faut faire face à ces regards inquisiteurs, froids, parfois même hautains. Anya, 10 ans, le regard fermé, va pourtant devoir apprendre à vivre dans cette jungle: après deux ­années à suivre ses parents tout autour de la planète, la préadolescente revient en France et découvre le quotidien d’une école publique. Dès son premier jour, elle comprend que les choses ne ­seront pas simples. Elle se brouille d’abord pour un ballon perdu avec Enzo et sa bande, qui la considèrent ensuite comme une sauvage avant de la laisser dans son coin le midi. Progressivement, Anya se fait à l’idée que la cour est une histoire de clans où il faut pouvoir ­imposer sa loi. Quand elle se rapproche finalement d’un petit groupe d’enfants, la “nouvelle” tente de concevoir un plan pour prendre possession de l’espace de jeu. La guerre peut alors commencer.

Cette fiction à hauteur d’écoliers est ­emmenée par Lucie Loste Berset (Anya), Hugo Laurent (Enzo), Silvère Jacot (Nathan) et Clotilde Courau en direc­trice d’école complètement dépassée par les événements. Pendant 90 minutes, la réalisatrice Hafsia Herzi réussit la prouesse de proposer à la fois un drame qui est interprété avec beaucoup de ­justesse par des enfants, et une authen­tique réflexion sur les dérives auxquelles peuvent mener les “chamailleries” d’enfants.

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