Inceste, le dire et l'entendre: un documentaire pour briser le tabou

Témoignages de personnes victimes d’inceste pour comprendre la mécanique de ce crime et du trauma.

inceste
© RTBF
Diffusion le 26 septembre à 20h30 sur La Trois

Selon les dernières estimations, près de 10 % de la population aurait déjà subi un inceste. Autrement dit, il est probable que tout le monde connaisse au moins une personne concernée. Le constat est terrifiant, pourtant le sujet reste tabou. Car quoi de plus sacré que la famille? Une chape de plomb contraint les victimes au silence… Mais c’est justement ce carcan que brisent ici plusieurs d’entre elles, comme Lelena (photo), abusée par son grand père. Ils ont des profils variés, homme ou femme (une victime sur cinq est un garçon), et ont subi l’inceste durant des périodes souvent longues, allant de 4 à 19 ans. Certains ont un souvenir encore frais de ces horreurs. D’autres ont subi une amnésie traumatique qui n’a pris fin qu’à un âge avancé. Dans tous les cas, leur vie a été chamboulée.

Face caméra, ils décortiquent ensemble l’inceste dans toutes ses manifestations et son implacable mécanique. D’abord un climat incestueux, ensuite les attouchements, enfin l’acte proprement dit. L’agresseur, presque toujours un homme, peut être le père, le frère, le grand-père, etc. Et on voit son talent à manipuler et continuer ses méfaits sans être inquiété. Les autres proches peuvent être complices ou n’avoir rien vu. Dans tous les cas, on voit ensuite les conséquences de tant d’années de souffrance. Car le trauma pourrit toute la vie de ces personnes, là encore de mille et une façons, jusqu’au suicide. Sans compter le parcours extrêmement difficile du procès, quand ces victimes ont le courage et l’opportunité de le faire, surtout qu’elles sont huit sur dix à ne pas être soutenues une fois la chose révélée.

Ces récits forcément bouleversants contribuent à une libération salutaire de la parole face à un tabou éternel. Ils sont parfois difficiles à entendre, tant ils sont déchirants. Mais comme l’explique une des victimes dans l’introduction: “Soyez prêts à l’écouter, on l’a vécu, vous pouvez l’entendre”.

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