Regarder la mort en face avec le film De son vivant

Emmanuelle Bercot signe un mélo poignant sur la fin de vie, interprété par le couple Deneuve/Magimel.

De son vivant
© Prod.
Diffusion le 20 août à 20h30 sur Be1

Dans notre époque étrange où nous enfermons loin de nous toute idée de mort, Emmanuelle Bercot, actrice-cinéaste fascinée par les personnages en réparation (La tête haute, Elle s’en va) prend le pli inverse et décide de regarder la mort en face tout le long de son histoire. Une histoire fatale, aux allures de Love Story. Avec également quelques violons. Mais aussi brutale, sans manières. Benjamin apprend en effet sans détour qu’il est condamné par un cancer du pancréas. Pire qu’une condamnation de prison, car il n’y aura pas d’“après”. La sentence? Il n’a plus le droit de vivre qu’un an. Quatre saisons, pas plus. Lire ce choc dans les yeux bleus délavés de l’immense Benoît Magimel constitue déjà une expérience bouleversante de cinéma en soi.

Mais le film va plus loin, osant assumer son romanesque mais avec le sérieux que l’on connaît chez Bercot. Flirtant avec le pathos et le mélo sirupeux sans jamais tomber dans aucun des deux, la réalisatrice ne se dérobe pas, filme de front le progressif effacement d’un homme. Face à lui, Deneuve, la mère, assiste impuissante à sa dégradation mais comprend qu’il est urgent de se préparer à ce départ. Quitte à être intrusive. Autour de lui, il y a aussi un fils qu’il n’a quasi jamais vu, une infirmière agitant une dernière piqûre de rappel de ce que fut l’amour et le vrai docteur Sara, oncologue réputé, dont la présence bienveillante apporte presque de la sérénité à Benjamin. Et soudain le miracle apparaît: ce n’est plus un film sur la mort mais un long-métrage lumineux qui célèbre la vie.

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