Soudan du Sud, un pays qui coule

Indépendant depuis 2011, le jeune Soudan du Sud fait face à des inondations dévastatrices.

extrait de l'épisode Les Routes de l'impossible Soudan du Sud
© France TV
Diffusion le 19 août à 21h00 sur France 5

Vus depuis le ciel, quelques ­cônes blancs semblent être ­posés, tels des nénuphars, sur une paisible étendue d’eau, l’ensemble est plutôt joli. Mais à hauteur d’homme, la réalité est tout autre. Ces “nénuphars” sont en fait des toits, ceux des cases des habitants qui n’ont eu d’autre choix que d’abandonner leurs maisons au fleuve. Depuis trois ans, le Nil blanc est en crue et le Soudan du Sud, en première ligne de la catastrophe, se noie. Le plus jeune État de la planète n’a que onze ans et le voilà déjà confronté à un ­fléau qui met à mal les nations même les plus aguerries (notre pays en sait malheureusement quelque chose). C’est donc ­logiquement que ce nouvel épisode des Routes de l’impossible commence sur un bateau. Dans certains villages, les taxis ­collectifs et les bus ne peuvent plus ­arpenter la piste, disparue sous plusieurs dizaines de centimètres d’eau. Ceux qui n’ont pas choisi de fuir se retrouvent ­encore plus isolés. Et quand le bateau ­passe, le voyage est plus cher et plus long qu’avant. L’eau est source de vie mais de désolation aussi. Car les inondations n’ont pas qu’un impact sur le transport. ­Comme un fléau n’arrive jamais seul, la montée des eaux charrie avec elle la ­malnutrition et même… la soif en ­condamnant les puits d’eau potable. Dans la campagne, ils sont nombreux à choisir l’exil, emportant avec eux le peu qu’il leur reste, ils prient pour ne pas se faire attaquer par ceux qui n’ont plus rien. Dans les quelques pâturages encore au sec, c’est ­mitraillette en bandoulière qu’on garde les troupeaux. Si la série des Routes de l’impossible nous a habitués à la galère, cet épi­sode au Soudan du Sud dépeint une réalité particulièrement dure pour le tout jeune pays.

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