Inner lines, un docu émotionnellement éprouvant, âmes sensibles s’abstenir

La RTBF invite les victimes de génocides et de guerres au Proche-Orient à raconter leur malheur.

inner lines
© Prod.
Diffusion le 8 août à 22h25 sur La Trois

Au pied du mont Ararat en Turquie, une légende circule chez les éleveurs de pigeons voyageurs. Si la Bible a fait de la colombe un symbole de paix pour avoir annoncé la fin du Déluge, l’his­toire ne serait pas complète car elle ne dit pas ce que devient la colombe après. Fâcheux puisque selon eux, l’oiseau ­serait témoin des guerres entre humains.

Vous vous dites peut-être: c’est bien beau ce conte, mais pourquoi en parler? Parce que c’est la manière poétique trouvée pour introduire le récit d’une série de massacres qui ont eu lieu au Proche-Orient. Un long préambule biblique… de 16 minutes! Ce n’est qu’après que l’on entre dans le vif du sujet avec les ­témoignages terrifiants de ceux qui ont vécu l’innommable. Attention, âmes sensibles s’abstenir car l’horreur commence maintenant! Des yézidis irakiens ­expliquent ainsi comment Daech a tenté de les exterminer, les hommes étant ­décapités et les enfants brûlés vifs devant les femmes, elles-mêmes violées et vendues. Une souffrance terrible à écouter. Puis c’est au tour des Arméniens de ­raconter leur génocide en Turquie, avec des crimes étrangement similaires à ceux de l’EI. Enfin arrivent les victimes de la guerre du Haut-Karabagh, terre disputée en 2020 entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan. On est tétanisé par les pleurs de ces ­parents effondrés sur les tombes de leurs enfants morts pendant le conflit, certains n’ayant même pas pu ­récupérer les corps mangés par les ­animaux.

Bref, ce docu est émotionnellement éprouvant. C’est peut-être pour ça qu’il tourne tant autour du pot avec cette histoire de colombe, avec de gros interludes religieux entre chaque massacre, comme pour les adoucir. Cela en fait davantage un film d’art et d’essai, peu adapté à la télévision.

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