140 km à l’ouest du paradis, un documentaire bouleversant sur le véritable prix du pétrole

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, des géants pétroliers bouleversent la vie des autochtones.

140 km à l'ouest du paradis
© Prod.
Diffusion le 25 juillet à 22h20 sur La Trois

Le visage peint en blanc, la lance à la main et le pagne à la taille, ces centaines de Hulis ont fière ­allure, en train d’interpréter leurs danses traditionnelles. Il y aurait de quoi se réjouir aux côtés des petites troupes de touristes qui s’amassent pour immortaliser ce moment “unique”. Le problème, c’est que pendant que le ­folklore de ce peuple de Papouasie- Nouvelle-Guinée est mis sous le feu des projecteurs, c’est la survie des Hulis qui est menacée. Dans cette province du centre de ce pays d’Océanie, l’horizon s’est terni en 2009, lorsque ExxonMobil a investi les Highlands, riches en gaz ­naturel. Avec lui, le géant pétrolier a ­apporté un programme de développement, présenté comme le plus grand ­jamais entrepris dans le Pacifique et qui s’étend sur les propriétés de près de 60.000 autochtones. En théorie, il ­propose le confort idéal: eau courante, électricité, projets agricoles, écoles et ­hôpitaux…

En pratique, c’est plutôt la soupe à la grimace, comme la famille de Mama Mary et Papa Maga l’a expérimenté. Après avoir vendu leurs terres, ils n’ont jamais vu la couleur de l’argent. Une ­situation insoutenable due à l’action conjuguée des tribus rivales, de politiciens cupides et de multinationales terriblement puissantes. “J’ai pu voir la ­résignation lors des meetings politiques, explique Céline Rouzet, la réalisatrice. Entre les deux meetings à cinq ans d’intervalle, rien n’a changé. On voit par contre que ces familles sont de plus en plus silencieuses. J’étais désespérée de les voir perdre leur force.” Dans ce documentaire très prenant, Rouzet suit silencieusement la lutte et la destinée de ces centaines de familles prises au piège. “Ce sont des gens qui sont en train de ­perdre confiance en eux, de perdre leurs valeurs. Ils perdent aussi les noms qu’on ­donne à la terre, le langage.”

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