Tour de France: pourquoi c’est un véritable feuilleton de l’été

Le 1er juillet, la Grande Boucle s’élance pour sa 109e édition, réactivant une dramaturgie qui en a fait un des produits télé les plus appréciés et les plus suivis. Les vacances ne seraient pas les vacances sans le Tour de France.

tour de france
© BelgaImage
Diffusion le 1er juillet à 15h55 sur La Une/à 15h10 sur France 2

Avec l’explosion du marché des ­plateformes de streaming, les audiences de la télévision linéaire se sont effritées ces dernières années. Tous les programmes ont été impactés par cette baisse d’intérêt du public. Tous sauf les grands rendez-vous comme le Tour de France. Troisième événement sportif le plus regardé à la télé – après les Jeux olym­piques et la Coupe du monde de football, excusez la bonne compagnie -, sa popularité ne faiblit toujours pas. Inaugurée en 1903, la grande kermesse du cyclisme n’a été diffusée en télévision qu’à partir des années 60, mais il faut attendre 2017 pour assister aux étapes retransmises en intégralité. En 2021, ils étaient en moyenne 215.000 à suivre la compétition quotidiennement sur la RTBF, 3 millions sur France Télévisions. Pas mal pour un événement qui s’étale sur plus de trois semaines, la performance prouvant que le Tour reste un produit phare dans l’univers audiovisuel.

Un succès lié à l’essence même du Tour de France qui ne s’adresse pas uniquement aux amateurs de cyclisme. C’est aussi l’occasion de faire du tourisme en restant confortablement installé dans son canapé et d’ouvrir une fenêtre sur la beauté des régions. La dimension sportive est soulignée par le désir de ­mettre en exergue un patrimoine naturel et histo­rique dans des images qui, prises en direct par deux hélicoptères et des drones, font le spectacle. Le Tour de France est devenu l’endroit où on peut saliver devant des paysages dont la description ponctue le déroulé de l’étape. Rodrigo Beenkens en a fait sa ­spécialité, rythmant son commentaire d’infos sur les lieux traversés, les châteaux et les églises croisés.

Véritable feuilleton de l’été, la Grande Boucle a toujours pu compter sur un casting de choix, mobilisant à la fois un public derrière l’écran et sur le bord des routes (on estime que 12 millions d’amateurs font le déplacement chaque année). Dans cette galaxie de personnages, on retrouve à la fois les fantasques (Marco Pantani et ses looks improbables), les endurcis (en 1983, Pascal Simon, alors maillot jaune, roulera pendant cinq jours avec une omoplate brisée), les maestros (Anquetil sera leader du premier au ­dernier jour en 1961), les miraculés (Armstrong, bien avant les affaires de dopage, gagnera après avoir vaincu un cancer). Mais aussi les légendes (Eddy Merckx, vainqueur final à cinq reprises et recordman des victoires d’étapes), les héros (Wout Van Aert, magistral en 2021 au mont Ventoux), les machines (Miguel Indurain, impassible quelles que soient les conditions) et les losers involontaires (Poulidor, éternel second).

Personnages, rebondissements

Comme dans toute bonne série, les rebondissements ne cessent d’émailler cette épopée estivale. Il se passe toujours quelque chose sur le Tour. Des exploits sportifs – comme cette victoire de Laurent Fignon face à Greg LeMond pour huit petites secondes -, des images insolites – rappelez-vous Chris Froome en 2016 qui parcourt les derniers mètres avant l’arrivée à pied, son vélo cassé dans les bras. Des drames aussi, à l’image de l’accident fatal de Fabio Casartelli en 1995 ou le décès de Tom Simpson en 1967, à deux kilomètres du mont Ventoux. Mais cette ­dramaturgie se construit aussi en dehors du peloton.

Certains cherchent à profiter de la couverture médiatique pour se mettre en évidence. C’était encore le cas en 2021 lorsque, brandissant un panneau en carton, une spectatrice a provoqué une chute massive des coureurs. L’émotion et la ferveur dégagées par cette compétition se transposeront-elles sur l’édition réservée aux femmes? Pour la première fois de son histoire, après une tentative avortée précédemment, le Tour se décline en ­version féminine. Entre le 24 et le 31 juillet, 132 championnes s’élanceront pour huit étapes. En espérant que le public soit aussi derrière elles. Ça ne serait que justice.

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