Et demain, le monde entier: pas loin du documentaire

Étonnante de réalisme par son approche subtile d’une jeunesse confrontée à l’extrême droite, cette fiction pose des questions pertinentes sur l’engagement.

Et demain le monde entier
© Arte
Diffusion le 10 juin à 22h45 sur Arte

Art de tous les arts, le cinéma n’a pas manqué d’intéresser les personnages les moins recommandables, comme certains des plus grands dictateurs de l’histoire, ainsi que le rappelait le président Zelensky lors de la cérémonie d’ouverture du festival de Cannes. Mussolini comme Hitler, grands admirateurs du 7e art, ont compris qu’il pouvait être une “arme de manipulation massive” des peuples et en usèrent et en abusèrent pour leur propagande guerrière. La réalisatrice et autrice berlinoise Julia von Heinz a saisi que l’urgence était à nos portes. S’appuyant sur ses souvenirs de militante antifasciste, la cinéaste suit Luisa, étudiante de Mannheim dont la rencontre avec de jeunes révolutionnaires va transformer la vie. Une prise de conscience qui influence son style, sa pensée, son assiette même. Mais aussi, après une dure altercation avec des antifas qui va lui laisser des traces, son rapport à la violence.

Mené par de jeunes acteurs fiévreux et très en phase avec la réalité d’une jeunesse d’aujourd’hui bien décidée à agir sur son avenir, Et demain, le monde entier étonne par la véracité de son propos. Pas loin du documentaire, il immerge littéralement le spectateur à l’intérieur d’un combat mené contre l’intolérance et le racisme, n’a pas peur de poser des questions très épineuses comme la légitimité de la violence (mais il n’existe pas de “bonne” violence), montrant avec un réalisme qui fait froid dans le dos l’affrontement à venir qui semble inévitable entre ceux qui veulent “démocratiser” le monde et ceux que la liberté affole et veulent lui planter des barreaux tout autour.

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