Innommable, un documentaire nécessaire sur l’affaire Dutroux

Vingt-cinq ans plus tard, une série documentaire rouvre les plaies de l’affaire Dutroux.

affaire dutroux
© BelgaImage
Diffusion le 8 juin à 23h25 sur Arte

Le silence est général. Seuls les mouvements de micros et les crépitements des appareils ­photo sont audibles. Jusqu’à ce “Je peux?” sorti de la bouche de Louisa Albert, figée entre la politesse et l’étourdissement de se retrouver dans une telle situation. Puis la jeune ­femme, habillée de façon colorée et ­installée dans son intérieur, lance son message à Julie, sa fille. Il sera court, juste le temps de lui rappeler tout l’amour qu’elle a pour elle et l’impatience qu’elle a de la retrouver. Le ­silence s’installe alors de nouveau. Il laisse la caméra dévier sur la droite et se braquer sur Carine Russo, dont le message d’amour à destination de sa fille Mélissa est tout aussi puissant, les sanglots en plus. La scène est lourde, ­pesante. Comment pourrait-il en être autrement lorsqu’il est question de ­disparition de petites filles?

En ce début d’été 1995, alors qu’elles faisaient un petit tour dans le quartier après avoir passé l’après-midi à jouer dans le jardin, Julie et Mélissa, huit ans, se volatilisent soudainement. Dans la foulée, c’est au tour d’An, Eefje, Sabine puis Lætitia de disparaître mystérieusement. La suite correspond à des heures ­sombres de notre pays que les réalisateurs Malika Attar, Sylvie Chevalier, Jan Van Der Weken et Joeri Vlekken tentent d’explorer en quatre épisodes. Il en résulte un documentaire lourd mais pas sensationnaliste, douloureux mais nécessaire. Parce qu’il met le doigt sur le combat et le courage des victimes qui vont finalement parvenir à faire bouger les choses. Le premier épisode décrit la solitude qu’ont ressentie les parents dès l’enlèvement des fillettes. Certains ont alors l’impression d’être abandonnés dans leurs recherches par les autorités. D’autres déplorent de voir les enquêteurs se mettre en quête de ­cadavres alors qu’eux espèrent encore retrouver leurs filles en vie.

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