À la télé ce soir: Dune, le film évènement de Denis Villeneuve

Adapté du roman de Frank Herbet, Dune de Denis Villeneuve est une incroyable prouesse visuelle. Un grand film de science-fiction.

Timothée Chalamet
© Prod.
Diffusion le 28 mai à 20h30 sur Be1

Saga culte de science-fiction, Dune traîne sa réputation d’œuvre inadaptable. Mais ça, c’était avant ce spectacle de toute beauté, orchestré par Denis Villeneuve. De nombreux grands s’y sont cassés les dents. Dune, chef-d’œuvre science-fictionnel de Frank Herbert, a gardé longtemps son statut d’œuvre inadaptable au cinéma. Jodorowsky et son imaginaire puissant s’y étaient frottés en vain. Ridley Scott, réalisateur d’Alien, a jeté l’éponge quasi avant même d’avoir commencé. Lynch a mis dix ans pour accoucher d’une adaptation tape-à-l’œil qui n’a convaincu ni la critique ni le public. Alors, après un tournage éprouvant, sans cesse reporté par un ennemi inattendu, le Covid dont nous sortons à peine, après le dévoilement du film à la Mostra de Venise comme s’il s’agissait du Saint-Graal, et faisant peser sur lui une attente immense, l’adaptation de la saga culte par le Canadien Denis Villeneuve convainc-t-elle ? Oui, mais…

Au rayon des très bons points, Villeneuve réussit l’impossible pari d’un univers cohérent, visuellement époustouflant (Dune est la pub idéale pour emmener le public vers la salle de ciné). Les enjeux politiques et… écologiques de l’odyssée de Paul Atréides pour la survie des siens dialoguent étroitement avec nos – propres questionnements dans un monde anxiogène. Les effets spéciaux, discrets, servent à merveille l’histoire (très grande idée de Villeneuve, sa démonstration d’une communication télépathique qu’on vous laisse découvrir). De belles surprises de casting aussi, dont surtout Rebecca Ferguson, bouleversante en mère angoissée (bonjour Œdipe !) doublée d’une authentique guerrière dépositrice de la “Force”…

Mais aussi des défauts et pas des moindres. Le trognon Chalamet confond le jeu minéral et le jeu fade. La musique de Zimmer, pourtant d’une intelligence rare, nous assomme par sa lourde présence. Dune, impeccablement peigné et fidèle aux romans, manque de personnalité, apparaissant comme un vaisseau sublime mais pesant, déchirant de sa masse la nuit mystérieuse de nos imaginaires débridés. La suite (il s’agit d’un diptyque) sera épique et libérée de ces ­scories… Ou ne sera point.

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