Infiniti, la série qui mélange les genres

Infiniti, la nouvelle mini-série de Canal+, mélange enquête, thriller et science-fiction de façon épatante. Succès en vue.

Infiniti
© Prod.
Diffusion le 21 mai à 20h30 sur BE Séries

Lorsque Canal+ a créé son label “Créations originales”, son objectif semblait de devenir le HBO français, synonyme de qualité grâce à des programmes plus originaux et prestigieux, plus chers aussi, que la concurrence. Aujourd’hui, avec des séries comme Engrenages, Le bureau des légendes ou Les revenants, qui ont également trouvé un public à l’étranger, le contrat a l’air rempli. Mais la chaîne cryptée ne se repose pas sur ses lauriers et continue d’explorer de nouveaux territoires, parfois pour quelques épisodes seulement. C’est à nouveau le cas cette fois-ci avec Infiniti, diffusée cette semaine sur Be TV. Difficile de ranger cette mini-série de 6 épisodes dans une case, tant elle mêle les genres et les décors. Le premier est celui, plutôt rare à la télévision, de la Station spatiale internationale. Une cargaison vient de lui être envoyée depuis la Terre : le cargo n’a plus qu’à s’accrocher à l’immense infrastructure. Mais alors que les prévisions du cosmodrome de Baïkonour annoncent un amarrage parfait, pour Anthony Kurz (Lex Shrapnel), l’Américain à bord, la livraison va percuter l’ISS. Il décide seul de prendre les commandes de la station afin de la dévier, contre les recommandations et les cris de la base terrestre. Les images du choc sont impressionnantes et feront taire ceux qui raillent le budget des séries françaises.

Sur Terre, l’astronaute Anna Zarathi (Céline Sallette) est questionnée. Kurz a crié son nom avant que la communication ne s’interrompe. Or, il se trouvait dans l’espace uniquement parce qu’il était son remplaçant. Victime d’un malaise lors du précédent décollage, elle avait dû être hospitalisée en dernière minute. Tout semble donc très louche pour les différentes parties impliquées. Les relations entre Europe, États-Unis et Russie deviennent tendues. Par ailleurs, dans les steppes du Kazakhstan, des cadavres étranges sont découverts par Isaak, détective local (Daniyar Alshinov). Décapités, entièrement enrobés de cire, ils sont entourés de symboles mystiques. Et leur ADN indique qu’il s’agit des astronautes encore à bord de l’ISS… Cette mini-série est donc assez inédite à différents points de vue. Tout d’abord par son style au croisement du polar, du thriller politique et de la science-fiction, mais aussi par ses thèmes abordés, les relations internationales autour de l’espace notamment. Des genres et thématiques qu’on voit plus outre-Atlantique que chez nous.

Ces terrains de fiction ne sont pas réservés qu’aux Américains et aux Anglais " ont commenté les scénaristes Julien Vanlerenberghe et Stéphane Pannetier, lors d’une rencontre avec la presse. " On peut, même avec un budget faible, raconter ce genre d’histoires. Ce qu’il faut, c’est trouver les curseurs, les détails pour appuyer la crédibilité. C’est un pacte avec le spectateur. " Visuellement, la série est épatante. Tous les décors, de l’infini de l’espace aux déserts kazakhs, en passant par l’intérieur de l’ISS et les bureaux style guerre froide de la base russe sont magnifiquement filmés et donnent un aspect intemporel à la série, que seuls les smartphones trahissent. " Ça a l’air de se passer il y a longtemps mais Baïkonour date des années 70 et 80. Tout est resté dans son jus. Même si le centre spatial russe se modernise, le style soviétique reste. Esthétiquement, on a donc essayé d’être au maximum du réalisme ", détaille le réalisateur Thierry Poiraud. Autre particularité qui donne une saveur authentique à la série : un casting mêlant beaucoup de nationalités et de langages. Ce qui complique forcément le tournage. " On s’est posé la question de tout faire en anglais, mais Canal+ nous a poussés à mélanger les langues. On avait avec nous des multitraducteurs, puis j’ai eu la chance que beaucoup d’acteurs parlent soit français, soit anglais" , raconte le metteur en scène.

Cette mini-série est donc aussi bien interprétée que réalisée, haletante et esthétiquement épatante, mais aussi parfois dense et un peu complexe. Les plus cartésiens n’apprécieront peut-être pas la tournure fantastique et philosophique que prend l’histoire, mais on salue le geste.

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