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120 battements par minute, soirée spéciale sur ARTE

120 battements par minute racontait la naissance du mouvement Act up Paris. Ce documentaire revient sur sa genèse. Avec la même fièvre.

120 battements par minute

© Prod.

Diffusion le 18 mai à 20h55 sur ARTE

Fin des années 80 en France, le sida fait des dégâts depuis déjà 10 ans. La communauté homo est frappée en plein cœur. Devant le manque de réaction politique et l’indifférence générale (c’est la “maladie des homos, des toxicos, des prostituées”), le mouvement Act Up Paris naît en 1989, sur le modèle de son grand frère américain initié par le dramaturge Larry Kramer. Images d’archives à l’appui, avec la présence de l’acteur du film, Arnaud Valois, et de son réalisateur Robin Campillo, le documentaire de Manuelle Blanc revient sur la genèse du film phénomène inattendu 120 battements par minute, lequel contait justement “de l’intérieur”, la genèse d’Act Up dont Campillo fut un membre.

C’est aussi une mise en abyme passionnante, quoique douloureuse. Car Act Up, c’est l’invention d’un nouveau militantisme, fait de slogans chocs, mais aussi d’actions plus musclées (comme l’utilisation spectaculaire de faux sang ou les “die-in” où des militants couchent dans les rues pour figurer la mort en marche) à la mesure du danger que représentait le sida mais aussi de son incongruité : le sexe en effet ne donnait plus la vie mais la mort. À la manière d’un making of, mais bien plus que ça, le documentaire rejoue de façon fouillée, entre les souvenirs de militant du réalisateur, mais aussi du cofondateur d’Act Up Paris, Didier Lestrade, les interrogations de Campillo en vue de réaliser son film. Comme comment filmer la parole, le sexe, la mort, comment rendre hommage à Act Up sans être lénifiant et en conservant son énergie revendicatrice ? En ce sens, il en prolonge l’impact politique mais aussi l’actualité. Car si le Covid a placé sur elle tous les projecteurs des médias, la lutte contre l’épidémie du sida n’est pas terminée.