Les Effrontées: le combat des femmes dans l’industrie du cinéma

La fresque des femmes dans le milieu du cinéma, trop souvent inégalitaires face aux hommes.

Les effrontées
1955. Agnès Varda sur le tournage de la pointe courte. © Prod.
Diffusion le 15 mai à 23h05 sur France 2

Objets de désir, mais aussi militantes du regard, les femmes ont dû jouer des coudes pour s’imposer dans l’industrie du cinéma. Les effrontées retrace leur combat.

Ça commence par une gifle. Celle balancée par Simone Signoret au visage de Serge Reggiani dans Casque d’or – comme pour annoncer le projet: dans cette série documentaire en quatre volets, les femmes reprendront la main. Les effrontées ausculte la place des femmes dans l’histoire du cinéma et leurs conditions de travail dans une industrie qui les a reléguées au rang d’objets quand elle ne les a pas poussées hors cadre. Dans le premier épisode (Où sont les femmes?), Agnès Jaoui résume la situation: “Je suis sûre qu’un jour nos filles diront “Mais comment avez-vous pu accepter ça?” Un premier épisode consacré aux pionnières – Alice Guy qui, dès 1895, jette les bases de la fiction avec des films inouïs de modernité, Germaine Dulac, Jacqueline Audry qui fait sauter les tabous et signe, en 1951, Olivia, première histoire lesbienne. Suivent Agnès Varda, Marguerite Duras, Coline Serreau dont Trois hommes et un couffin, film phénomène de 1985, renverse les injonctions de genre. Toutes ont inlassablement bataillé pour imposer leur regard dans un business où, dès les années 30, on confisque les postes de décision aux femmes cantonnées aux métiers de script, de monteuse ou de maquilleuse.

Une femme peut en cacher une autre, deuxième épisode, est une formidable radioscopie de la représentation des femmes dans les films pris en otage par le “male gaze”, autant dire le reflet du monde rapporté par des hommes qui filment les femmes avec un regard d’homme. On y découvre le test Bechdel, grille de lecture mesurant le niveau de misogynie des films qui échapperaient au “male gaze” s’ils mettent en scène au moins deux femmes dont on connaît le nom et qui parlent d’autres choses que des hommes! Autour de films emblématiques (Thelma et Louise, La leçon de piano), et de personnalités incontournables (la Belge Chantal Akerman), défilent des cinéastes (Audrey Diwan, Céline Sciamma, Valérie Donzelli) qui, aujourd’hui, réajustent les points de vue. Les deux derniers chapitres – Sois belle et tais-toi et Girl Power – se penchent sur la construction du statut des actrices et soupèsent l’influence du mouvement #MeToo.

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