Affaire PPDA: Mediapart diffuse les témoignages accablants de 20 femmes

Mardi, 20 femmes qui accusent Patrick Poivre d'Arvor d'agressions sexuelles et de viols ont été réunies pour la première fois sur un même plateau. Elles ont témoigné pour Mediapart.

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Certaines ne s’étaient encore jamais exprimées publiquement. Âgées entre 28 et 63 ans, elles sont journalistes, autrices, employées de magasin ou encore enseignantes. Elles ont enchaîné les témoignages accablants sur le comportement de Patrick Poivre d’Arvor, l’ex-présentateur vedette du JT de TF1.

Ce dernier, au cœur d’un scandale sexuel depuis février 2021, fait l’objet de plaintes pour viols et agressions sexuelles, dont certaines ne sont pas prescrites. Au total, 17 femmes ont porté plainte contre l’animateur, dont 8 pour viol. 16 d’entre elles, dont les plaintes ont été classées en juin pour prescription, son actuellement visées par une plainte de PPDA pour "dénonciation calomnieuse".

C’est cette dernière action en justice du journaliste qui a déclenché l’idée de cette émission sur Mediapart, a expliqué la présentatrice, Valentine Oberti, au HuffPost.

Florence Porcel était présente sur le plateau. C’est son témoignage dans le Parisien, en février 2021, qui a lancé l’affaire PPDA, accusant ce dernier de l’avoir violée en 2004 et de lui avoir imposée une fellation en 2009.

Réservant sa parole à la justice, elle ne s’est pas exprimée sur le fond du dossier, mais a tenu à montrer que les plaignantes faisaient bloc, ensemble. "Cela fait quelque mois que nous prenons contact les unes avec les autres, que nous apprenons à nous connaitre. Nous avons ainsi monté une association ensemble, Metoomedias. Cela me paraissait important de montrer aujourd’hui que ce groupe est désormais un groupe unis et que grâce à ça nous faisons bloc. Malgré l’agressivité dont fait preuve PPDA sur le terrain judiciaire, il ne nous fait plus peur !"

L’ancien patron de TF1 réagit

16 femmes ont témoigné à visage découvert sur le plateau et deux de façon anonyme. Margot Cauquil-Gleizes, enseignante, ou Marie-Laure Eude-Delattre ont toutes les deux livré pour la première fois en public leur récit. Cette dernière accuse l’ex-présentateur vedette de l’avoir violée quand elle était âgée de 23 ans. "Ce qui m’est arrivé en 1985 c’était un viol par surprise, quelque chose de monstrueux. J’ai passé des années à me dire que j’étais coupable, que j’étais conne de l’avoir suivi dans cette chambre. Mais il faut que la honte change de camp!" a-t-elle expliqué.

Elle a raconté son histoire :"J’étais une petite stagiaire guillerette attirée par la lumière, qui arrivait à Cannes naïve. Je n’avais qu’une idée en tête, c’était de faire un stage à Antenne 2, Patrick Poivre d’Arvor m’a dit qu’on pouvait en parler mais après un cinéma. Après ce film, la séance de minuit trente, je suis allée au Martinez avec lui…jusqu’au bout j’ai cru que j’allais boire un verre sur une terrasse pour avoir un stage à France 2. Mais je me suis retrouvée dans sa chambre, il a fermé la porte à clef et puis je l’ai vu tout nu comme un ver se frotter sur son canapé. Je lui dit que je n’étais pas là pour ça puis j’ai eu un moment de sidération. Je n’ai pas bougé, il a enlevé mon pantalon et ma culotte et il est rentré".

Plusieurs témoignages ont également rapporté que certains viols auraient été commis au sein même de la rédaction de TF1, dans le bureau de PPDA. "Evidemment on ne le savait pas. Si on l’avait su, on aurait pris les dispositions qui s’imposaient et moi le premier. On ne pouvait pas remettre en cause la réputation d’une entreprise comme celle-là, cotée en Bourse, cotée au CAC 40. C’était un risque inconsidéré", a réagi dans une vidéo l’ancien DRH puis patron de TF1 Nonce Paolini..

"Je veux leur dire que leur souffrance ne peut laisser indifférent personne et en particulier moi, ni comme homme, ni comme ancien dirigeant". "J’espère qu’elles pourront obtenir la possibilité que leur affaire soit revue par la justice", a conclu Nonce Paolini.

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