PPDA, la chute d’un intouchable: le docu choc sur l’ex-star de TF1

Au terme d’une enquête de 6 mois, Romain Verley livre un documentaire interpellant sur les vices de Patrick Poivre d’Arvor. Un comportement déviant, connu de tous mais passé sous silence trop longtemps.

Patrick Poivre d'Arvor
© BelgaImage
Diffusion le 28 avril à 22h40 sur La Une / 23h00 sur France 2

Février 2021. Florence Porcel dépose une plainte contre Patrick Poivre d’Arvor. Elle l’accuse de plusieurs agressions sexuelles, entre 2004 et 2009. L’affaire sera classée sans suite, les faits étant prescrits. Mais son témoignage n’est que le début d’un raz-de-marée qui va submerger l’ancienne star du 20 Heures: en une de Libération, dans Le Monde, 25 femmes, certaines à visage découvert, témoigneront contre PPDA, 17 déposeront plainte, dont huit pour viol. La plupart ne sont pas recevables mais certaines instructions sont encore en cours. De son côté, le journaliste se défend une seule fois, maladroitement, sur le plateau de Quotidien, se disant “victime de sa notoriété”. Depuis, il se terre dans le silence, perdant peu à peu ses derniers contrats et répondant à ses détracteurs via ses avocats.

Harcèlement, agressions, relations sexuelles non ­consenties… Des faits abjects révélés il y a peu au grand jour mais qui ne sont que la face cachée de l’iceberg. On le (re)découvre dans le documentaire PPDA, la chute d’un intouchable, réalisé par Romain Verley pour ­Complément d’enquête. Pendant six mois, il a enquêté et a tenté de décrypter “le système PPDA”, un homme hyper-protégé. Plutôt que de revenir uniquement sur les témoignages, “aussi forts soient-ils”, il revient sur le parcours du journaliste dont la réputation était connue presque depuis ses débuts.

Beaucoup ont refusé de parler face à la caméra mais certains en ont eu le courage, à l’image de Catherine Lambret, directrice de l’Institut pratique du journalisme. Elle admet que dès 1983, elle avait été avertie: “Il ne faut pas placer des filles en stage là où PPDA se trouve”… De son côté, Michèle Cotta, ancienne directrice de l’information sur TF1, reconnaît l’impunité dont a bénéficié Patrick Poivre d’Arvor. Malgré une interview bidonnée de Fidel Castro, malgré une condamnation à 15 mois de prison avec sursis pour recel de biens sociaux, malgré un plagiat avéré, “on ne virait pas PPDA. C’était la locomotive de la chaîne”. En soulignant cette toute-puissance, Romain Verley pointe la responsabilité de la télévision: “Patrick Poivre d’Arvor était traité comme un prince mais en lui laissant tout ­passer, TF1 a entretenu un sentiment d’impunité”. Des responsables qui aujourd’hui encore se réfugient dans un silence coupable. D’autres ont eu plus de cran, à l’image de Marie, une ancienne stagiaire. Anonymisée, elle révèle pour la première fois l’agression dont elle a été victime en 2015. Des faits pour lesquels elle n’a pas (encore?) porté plainte et qui ne sont pas prescrits. Une prise de parole qui pourra peut-être donner de la force à d’autres.

Sur le même sujet
Plus d'actualité