À la télé ce soir: Portrait de Neil Young, l’activiste solitaire

Un portrait montrant l’engagement et les contradictions du vétéran rock.

Neil Young
Neil Young. © Arte
Diffusion le 22 avril à 22h25 sur Arte

“Je ne fais pas du rock pour chanter Be-Bop-A-Lula. Je n’ai jamais cessé d’écrire ou chanter sur ce qui me concernait. C’est ma liberté. Comme vous avez la liberté de ne pas penser comme moi.” Voilà en substance le message qui ressort de ce brillant documentaire réalisé en 2021 par ­Thomas Boujut sur Neil Young.

Tout en étant admiratif du parcours de celui qu’on a surnommé “The Loner” (“Le Solitaire”), Thomas ­Boujut prend aussi de la hauteur et sait faire preuve de nuance. S’appuyant sur des archives (interviews et concerts), ce documentaire se focalise sur l’engagement de l’artiste canadien. Dès ses débuts, avec son groupe Buffalo Springfield, ou au sein du collectif Crosby, Stills, Nash & Young, Neil Young donne une conscience à la musique pop au travers de chansons (For What It’s Worth, Ohio…) qui parlent à sa génération. En solo, son combat sera politique, citoyen, écologique et aussi technolo­gique (l’échec de son baladeur numérique Pono).

Tout en dénonçant les ravages de la drogue dans la culture underground, les violences policières sur les campus universitaires ou la guerre au Viêtnam, Neil Young défend aussi cette Amérique oubliée des fermiers, des “native Americans” ou des immigrés. Monument du rock qui a fait de ses indignations le moteur de sa création, il n’échappe pas non plus à ses contradictions et assume. On l’entend ainsi vanter dans les années 80 les ­mérites de la politique militaire du président Reagan (“avec lui, je me sens plus en ­sécurité”) ou les avantages du nucléaire. Son récent combat contre le géant Spotify montre qu’il ne s’est pas assagi.

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