À la télé ce soir: La voix d’Aida, d’une guerre à l’autre

La voix d’Aida évoque le massacre de Srebrenica, une des pages les plus noires de la guerre en ex-Yougoslavie.

La voix d'Aida
© Prod
Diffusion le 19 avril à 20h30 sur Be1

Kiev, Marioupol, le Donbass: autant de noms de villes ou de régions qui ont tristement fait la une de l’info ces dernières semaines, suite à l’invasion russe en Ukraine. Il y a trente ans, d’autres noms résonnaient de manière aussi lugubre dans l’actualité européenne: Sarajevo, Srebrenica, la Bosnie. L’ex-Yougoslavie se déchirait et entraînait dans la guerre des peuples qui, pendant plusieurs décennies, avaient cohabité au sein des diffé­rentes ­composantes de cet État.

En juillet 1995, des forces serbes ­commandées par Ratko Mladic lançaient une offensive massive contre la ville de Srebrenica, dans un but de purification eth­nique. Environ 8.000 civils (hommes et adolescents) seront victimes de mas­sacres perpétrés en quelques jours, malgré la présence de 400 Casques bleus de l’ONU déployés sur place mais réduits à l’impuissance. La réalisatrice bosniaque Jasmila ­Zbanic, grande adolescente au moment de la guerre et ayant survécu au siège de Sarajevo, s’est emparée de ce sujet dramatique pour développer le poignant portrait d’une femme ­placée au cœur de cette tragédie: une traductrice réquisitionnée par l’ONU (formidable Jasna Duricic) qui, ­comprenant la tragédie qui se prépare, va tout faire pour sauver son mari et ses fils de l’inéluctable.

La voix d’Aida pointe du doigt la ­responsabilité des criminels, mais aussi celle de la communauté internationale incapable de se mobiliser ­efficacement pour empêcher les faits: “Le sentiment de sécurité et la confiance dans des institutions comme l’ONU ont été réduits à néant. Des milliers de gens sont morts et bien plus encore les ont pleurés”, expliquait la cinéaste. Avec son film, la voix des victimes se fait entendre, de même qu’il se fait l’écho du nouveau conflit meurtrier qui se déroule en Ukraine.

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