Ils s’aiment… enfin presque, le téléfilm hilarant de Muriel Robin et Pierre Palmade

Muriel Robin et Pierre Palmade adaptent leur pièce, Ils s’aiment, en téléfilm. Fous rires garantis.

ils s'aiment... enfin presque
© TF1
Diffusion le 18 avril à 21h10 sur TF1

Ils se sont rencontrés à la fin des années 80 sur les bancs de La classe, une émission de divertissement, rendez-vous incontournable de l’humour. Très vite, ils collaborent professionnellement, écrivant, entre autres, Les majorettes se cachent pour mourir, le premier one-woman-show de Robin, révélant l’artiste au grand public. Mais il faut attendre 1996 pour que le génie comique du duo explose avec Ils s’aiment. Une pièce de théâtre interprétée par Pierre Palmade et Michèle Laroque, dans laquelle ils explorent les relations du couple dans ses bons comme ses mauvais moments. Un triomphe qui donnera naissance à Ils se sont aimés (2001), Ils se re-aiment (2012). Un triptyque conjugal décliné en version lesbienne en 2017 (Elles s’aiment depuis 20 ans) et adapté en bande dessinée (éditions Casterman), avec dialogues féroces et répliques culte intemporelles: “J’en peux plus de ta mère, qu’elle aille sur le Nil, dans le Nil même”, “Je ne sais pas réparer les trucs… Non mais tu sais bien les casser”.

En 2016, lors des représentations célébrant le vingtième anniversaire de la pièce, l’idée d’adapter le succès pour la télévision trottait déjà dans la tête du trio, comme le confiait à l’époque Michèle Laroque. C’est aujourd’hui chose faite avec Ils s’aiment… Enfin presque!, un téléfilm en deux parties où on va suivre la trajectoire de cinq couples, installés dans un petit immeuble parisien, tout au long d’une année. On commence l’histoire avec ce qui s’annonce comme un jour de fête: Marie-Caroline et ­Jacques André ont donné rendez-vous à leurs familles à la mairie et vont se marier. Enfin, normalement. De leur côté, Isabelle et François règlent les détails de leur divorce et se répartissent le contenu de leur appartement, l’occasion de hurler de rire devant la séquence du partage des rideaux.

Chez François et Delphine par contre, l’heure n’est pas à la rigolade: ils s’écharpent une fois de plus à propos de leurs parents respectifs. Ambiance encore plus sombre chez Estelle et Quentin. Celui-ci apprend par la femme de ménage (épatante Julie Depardieu) que sa compagne le quitte. On pourrait s’attendre à un moment plus détendu chez Alain et Choé, en route pour un anniversaire. Jusqu’à ce que Madame décide de prendre le volant. Au milieu de ces couples, Frank le concierge. Un homme qui, entre deux conversations avec sa ­grenouille, aimerait bien que tout ce petit monde se rabiboche.
Un vaudeville comme on en voit toutes les semaines? Absolument pas. Muriel Robin et Pierre Palmade offrent une relecture moderne de leur pièce, reprenant les sketchs les plus emblématiques, y compris ceux des deux suites données au spectacle. À travers des dialogues percutants et à l’humour vachard, ils font mouche à chaque réplique et prouvent qu’ils n’ont pas perdu une miette de leurs talents. La réalisation léchée, confiée à Hervé Brami (R.I.S. Police scientifique, Nina) enchaîne les scènes avec fluidité et permet de mettre en lumière l’interprétation sans faille des comédiens. Et c’est là le deuxième gros point fort du téléfilm. Dans les fictions françaises, on a désormais l’habitude de croiser l’une ou l’autre tête connue.

Ils s’aiment… Enfin presque! réunit la crème de la crème: Pierre Arditi, hilarant en papy bougon sur le point de divorcer d’avec Muriel Robin, Carole Bouquet, irrésistible dans le rôle de l’épouse de Pierre Palmade, Audrey Fleurot (prochainement de retour avec la deuxième saison de HPI), Michaël Youn qu’on prend plaisir à retrouver dans un registre drôle, Michèle Laroque qui donnerait des sueurs froides à n’importe quel moniteur d’auto-école. De nombreux invités assurent les rôles secondaires: Line Renaud, Anne Le Nen (épouse de Muriel Robin), Élie Semoun, Hugues Aufray… Et ­certains jouent l’autodérision comme Nikos Aliagas, photographe de mariage pour l’occasion. En apprenant l’arrivée de ce téléfilm, quelques ­craintes subsistaient. Il y a quelques mois, TF1 nous avait déjà joué le coup de l’adaptation avec I Love You Coiffure où Muriel Robin avait fait le taf. Les audiences avaient suivi (8 millions de ­téléspectateurs), mais le téléfilm nous avait laissé un goût de trop peu. Ce qui est loin d’être le cas avec lls s’aiment… Enfin presque! On rigole du début à la fin, avec une seule déception: ça passe beaucoup trop vite. On en redemande.

Sur le même sujet
Plus d'actualité