À la télé ce soir: Petite histoire de la visibilité des homosexuels

Dans un sujet bien documenté et rempli de beau monde, Le doc stupéfiant raconte l’histoire des représentations LGBT.

François Périer, l'homo invisible
François Périer, à droite, dans Hôtel du Nord. © BelgaImage
Diffusion le 28 mars à 21h00 sur France 5

Ce docu, L’homo invisible, raconte l’évolution de l’image des gays et des lesbiennes dans les arts et les médias. Une petite histoire du XXe siècle vue sous l’angle de la clandestinité et du Code pénal dans une France qui évoque encore l’outrage public et fait une différence entre la majorité sexuelle accordée aux hétérosexuels fixée à 18 ans et celle des gays fixée à 21 ans – une discrimination qui ne sera levée qu’en 1982. Une histoire des représentations depuis le temps du harcèlement policier des années 1900 (avec descente dans les lieux de rencontre et fichage en bonne et due forme) jusqu’à Eddy de Pretto, chanteur de la génération queer présent dans le sujet. Au casting également, Marie-Jo Bonnet, spécialiste de l’histoire des femmes, des journalistes (Gérard Lefort, Didier Varrod), des écrivains (Dominique Fernandez, Charles Dantzig), des artistes (Pierre et Gilles, Suzanne, Catherine Corsini). Toutes ces personnalités regardent dans le rétroviseur et pointent les exemples – le plus souvent maquillés – où le sentiment homosexuel s’est exprimé.

Le Jardin extraordinaire de Charles Trenet, texte codé des années 50 évoquant la drague dans les parcs. Nous les amoureux de Jean-Claude Pascal qui remporte le Concours Eurovision de la chanson en 1961 avec cette illustration cryptée des amours homosexuelles contrariées. Hôtel du Nord de Marcel Carné qui, en 1938, met en scène Adrien, personnage homo interprété – par sous-entendus – par François Périer. Les modèles peints par Tamara de Lempicka dans les années 1920 – notamment ceux posant pour Les deux amies (deux femmes nues au lit) ou le portrait de Suzy Solidor, chanteuse lesbienne des nuits folles parisiennes. Claudine à l’école de Colette qui décrit le trouble des attractions saphiques… Ces exemples se répètent jusqu’à indiquer que l’invisibilité des homosexuel(le)s s’inscrit dans une histoire. Une histoire en négatif de notre temps, une histoire de revendications qui ne disent pas leur nom, mais insistent et finissent par frapper à la porte de la société.

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