À la télé ce soir: La fin de l’exil pour les Brigades rouges?

D’anciens membres des Brigades rouges, ces militants d'extrême gauche italiens, pourraient être jugés 50 ans après leurs exactions.

cesare battisti des brigades rouges
© France 2
Diffusion le 28 mars à 22h55 sur France 2

L’enlèvement d’Aldo Moro, le chef du gouvernement italien, est probablement l’un des ­méfaits les plus retentissants des Brigades rouges. Entre 1970 et 1980, cette entité terroriste d’extrême gauche s’est montrée adepte d’actions d’envergure à l’encontre de représentants ou de collaborateurs du système en place tels que politiciens, dirigeants ou magistrats qu’elle a enlevés, torturés et tués. Ce ­matin de mars 1978, c’est Mario ­Moretti, l’un des dirigeants du groupe, qui observe Moro se rendant à l’église, puis qui gare sa voiture de manière à ­empêcher la fuite du politicien. Au terme d’une fusillade rapide et efficace, les cinq gardes du corps de Moro sont assassinés et ce dernier est jeté dans une Fiat 132. Moins de deux mois plus tard, son corps sera retrouvé dans le coffre d’une autre voiture.

C’est l’apogée de ce que l’on ­appelle désormais les “années de plomb”: une décennie de terreur, d’attentats ­contre des banques de Rome et de Milan et de véritable guerre à Bologne pour un total de 12.690 attentats et 362 morts. Si leur activité terroriste cesse à partir des années 80, les Brigades rouges vont ­continuer à faire parler d’elles, notamment en 1985 lorsque le président français François Mitterrand accepte de ne pas extrader d’anciens activistes pourvu qu’ils renoncent à la lutte armée.

Aujourd’hui encore, les rebondissements sont fréquents. En 2019, c’est l’ancien militant Cesare Battisti, en cavale depuis trente-sept ans – notamment en France – qui a été renvoyé en Italie. D’autres ex-membres de l’organisation ont refait leur vie dans l’Hexagone. Mais ils pourraient être prochainement inquiétés puisque Emmanuel Macron a récemment ­annoncé réfléchir à la restitution d’anciens criminels à l’Italie. L’invité en plateau n’est autre que Maître Henri ­Leclerc, ancien avocat de plusieurs ex-membres des Brigades rouges.

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