À la télé ce soir: Drunk, à voir… sans modération

Signé Thomas Vinterberg, faux film sur l’alcool, Drunk est une ode jubilatoire à la vie.

Drunk
© Prod
Diffusion le 11 mars à 20h30 sur Be1

Quatre amis professeurs dans un collège danois traînent la monotonie de leur existence. Ils décident de mettre en pratique les travaux d’un psychologue norvégien affirmant que l’humain souffre, dès sa naissance, d’un déficit chronique d’alcool dans le sang. Un manque calculé à un demi-gramme et que les quatre potes vont s’empresser de mettre à niveau, afin de confirmer la théorie du scientifique. Ils ne vont pas tarder à voir les effets de cette prise d’alcool quotidienne, jusque sur leur lieu de travail. De profs sans grâce, méprisés et profondément ennuyeux, ils se transforment (un peu à la manière de Jerry Lewis, passant du coincé docteur Jerry à l’ultra-charismatique Mister Love), en d’authentiques boute-en-train. Ils deviennent leaders et mentors face à des élèves et des collègues médusés, ignorant un temps le secret de leur jeunesse retrouvée.

Évidemment, c’est compter sans le lendemain de biture beaucoup moins contrôlée quand l’expérience dérape. Vinterberg et ses fabuleux comédiens (parmi lesquels Mads Mikkelsen qu’on suivrait les yeux fermés au bout du monde) s’amusent à désamorcer, empêchant le film de verser dans le pathos (même si l’aventure fera aussi des dégâts) ou, pire, dans le récit à thème sur les dangers de l’alcoolisme. Ce n’est pas le propos du cinéaste, qui prend visiblement le plus de plaisir à montrer la “montée”, l’effervescence, le bonheur s’emparant littéralement des corps imbibés de ses protagonistes (il suffit de voir cette scène sublime et jubilatoire de “danse de l’alcool” de Martin – Mikkelsen encore – devant ses élèves diplômés)… Car Drunk n’est pas un film sur l’alcool, mais bien sur l’importance de s’enivrer “de vin, de poésie ou de vertu, à notre guise” pour célébrer la vie et la liberté.

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