À la télé ce soir: Nosferatu, le plus terrifiant des vampires

Né au cinéma avec Murnau et incarné par un pétrifiant Max Schreck, Nosferatu a 100 ans. Ce film ludique explore la figure de ce monstre et ses avatars.

Nosferatu
Nosferatu © Prod
Diffusion le 9 mars à 22h50 sur Arte

Fils cinématographique illégitime du Dracula de Bram Stoker, Nosferatu, réalisé par ­Murnau, maître du muet expressionniste, a tout juste 100 ans. Illégitime? Oui, car l’indélicate équipe de Murnau omet, pour une question d’argent, de contacter la veuve de Bram Stoker pour l’adaptation du roman. L’affaire se solde par un procès, la condamnation de la société productrice du film Prana et l’obligation de mettre le film au tombeau. Mais le film envoûtant, qui adapte assez fidèlement le roman, refusera de mourir, circulant d’abord sous le manteau, puis suscitant une fascination durable (le jeu halluciné de Max Schreck y est pour quelque chose). ­Tellement durable qu’elle n’a jamais cessé, la cape du vampire passant de Schreck à Christopher Lee, au ­foldingue Klaus Kinski pour Herzog ou encore au baroque et sensuel Gary Oldman dans le Dracula de Coppola.

La créature a aussi été déclinée en séries et a ­alimenté presque ad nauseam la culture populaire. Mais aucun de ces avatars n’atteint la poésie ni la puissance du monument expressionniste de Murnau. Un film dont la terreur peut surgir du simple balancement d’un hamac vide… Nosferatu focalise aussi sur l’attrait sexuel du monstre (l’épouse du jeune Hutter ressent la présence du vampire à des milliers de kilomètres dans un rêve somnambulique) et sur le thème du mal (il vient sur le continent pour semer la mort – la peste). Ce documentaire ludique nous emmène pour un voyage captivant en Allemagne sur les lieux de tournage du chef-d’œuvre de Murnau, nous plongeant dans les archives passionnantes d’un film et d’un mythe immortels.

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