À la télé ce soir: Un docu sur les femmes et le rock

Le documentaire Tempo: Haut les filles donne la parole à dix chanteuses pour retracer quarante ans de rock français au féminin pluriel.

Haut les filles
© RTBF
Diffusion le 8 mars à 21h55 sur La Trois

Je trouvais ça très jouissif de voir une femme s’assumer, prendre sa vie en main et perdre le contrôle”. Jehnny Beth, du groupe anglo-français Savages parle ici d’Édith Piaf, “acte de baptême de la passion rock ­française” selon le très pompeux postulat dressé par François Armanet, ­journaliste et ici réalisateur du documentaire Haut les filles présenté au festival de Cannes en 2019 et ­diffusé par La Trois dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes.

Armanet donne la parole à dix artistes ­féminines: Jeanne Added, Jehnny Beth, Lou Doillon, Brigitte Fontaine, Charlotte Gainsbourg, Françoise Hardy, Imany, Camélia Jordana, Elli Medeiros, Vanessa Paradis. Des icônes passionnées et ­passionnantes, mais aussi des noms “validés” et pas toujours dans le genre rock. Et c’est sans doute là que le bât blesse dans ce film convenu qui aurait pu élargir le ­propos en s’intéressant à des chanteuses ­issues de la scène metal ou hip-hop plus que jamais exposées au machisme.

Les nombreuses interviews permettent toutefois de comprendre le cheminement de ces artistes dont l’histoire ­personnelle ne se lie pas forcément au bon vieux combat “femme contre homme”. “C’est ce côté binaire que j’ai trouvé gênant”, témoigne ainsi Françoise Hardy, l’auteure de Tous les garçons et les filles. Jehnny Beth, encore elle, Lou Doillon et Charlotte ­Gainsbourg sont particulièrement touchantes quand elles évoquent leurs débuts dans un environnement où, comme le précise Imany, “l’envie de chanter a fini par s’avérer plus forte que tous les complexes”. Dans une narration parfois un rien redondante, la grande Brigitte Fontaine se démarque en ­imposant une fois de plus sa vision loin des codes du féminisme.

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