Tac au Tac avec Yoann Blanc: "Bruxelles, je l’aime comme elle est"

Bientôt de retour au théâtre dans un Molière, Yoann Blanc joue aussi dans Pandore, série politique à succès.

Yoann Blanc
Yoann Blanc. © BelgaImage

Dans Pandore, vous incarnez Marc Van Dyck, homme politique belge de droite. Vous êtes Suisse, cela fait 28 ans que vous vivez ici…
Vous avez bien compté…

Vous avez compris quelque chose à la politique belge?
(Rire.) Je commence à comprendre un petit peu, oui, même si parfois, je mélange encore avec des règles en Suisse ou en France.

Avez-vous rencontré des hommes ou des femmes politiques pour sentir le rôle, ou les voir à la télé et les entendre en radio, ça suffit?
J’ai rencontré des assistants qui travaillent avec des hommes politiques, mais je n’ai pas rencontré d’hommes politiques. Mais je me suis surtout intéressé à divers hommes politiques et intellectuels de la politique.

Lesquels?
(Rire.) J’ai surtout regardé des documentaires sur des populistes et des ­tribuns, principalement en France, mais aussi en Flandre.

Est-ce que des gens dans le milieu politique se sont manifestés après la diffusion des premiers épisodes?
J’ose imaginer qu’il y a un intérêt pour eux… La série parle quand même de sujets d’aujourd’hui qu’ils véhiculent eux-mêmes… Mais en tout cas, ils ne se sont pas manifestés.

Vous avez la double nationalité – suisse et française -, vous ne votez pas en Belgique…
Non, je n’ai le droit de voter qu’aux communales, et je suis très fier d’aller voter aux communales…  C’est la politique de là où j’habite, de là où mes enfants vont à l’école, et je suis content d’y participer.

Dans le premier épisode, votre personnage assiste, par hasard, à un viol collectif et il n’intervient pas pour extraire la jeune fille des mains de ses agresseurs. La scène nous place devant une question morale: “Et moi, qu’aurais-je fait à sa place?” Question: et vous, qu’auriez-vous fait à sa place?
D’autant que, vu son âge et en tant que responsable politique, on s’attend à ce qu’il intervienne, or il fait exactement l’inverse car il a peur. La peur est un sentiment qu’on peut comprendre, mais ce qui va le rendre condamnable, c’est qu’il n’intervient pas, mais qu’il filme la scène pour l’utiliser de façon crapuleuse.

Question: et vous, qu’auriez-vous fait à sa place?
(Silence.) J’espère que je serais intervenu…

De l’acteur ou de l’homme politique, qui est le plus dans la séduction?
(Silence.) L’homme politique veut ­convaincre, alors il peut utiliser des moyens de séduction. Un acteur trop dans la séduction, c’est pas bon signe.

Vous n’en avez pas marre de passer pour le Suisse de service?
Ras-le-bol! (Rire.) J’habite ici depuis tellement longtemps, et on ne me posait pas cette question avant que je ne fasse des séries…

Bruxelles est le décor privilégié de la série. Qu’est-ce que vous aimez le plus à Bruxelles?
C’est une ville qui ne ressemble à aucune autre. Elle est foutraque, mais elle appartient à ceux qui y vivent.

Qu’est-ce que vous détestez à Bruxelles?
Rien, je l’aime comme elle est…

GEORGE de Molière, du 19 au 30/4. Théâtre Varia, Bruxelles. www.varia.be

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