À la télé ce soir: Une histoire à soi, un documentaire intimiste sur l’adoption

Dans Une histoire à soi, cinq adultes adoptés se racontent au fil de leurs propres archives familiales.

un histoire à soi
© Prod
Diffusion le 1er mars à 20h30 sur Be Ciné

La réalisatrice Amandine Gay est née sous X. Dans son documentaire, elle donne la parole à cinq personnes qui, comme elle, ont été adoptées à la naissance par des ­couples français. Anne-Charlotte, ­Joohee, Céline, Niyongira et Mathieu ont entre 25 et 53 ans. Séparés de leurs proches et de leur pays d’origine (l’Australie, le Sri Lanka, la Corée, le Brésil et le Rwanda), ils ont dû ­commencer une nouvelle vie en France. Leur récit, raconté en voix off sur leurs propres images qu’ils ont accepté de ­partager avec nous, nous entraîne dans une histoire intime et politique sur l’adoption internationale.

Ce diaporama – constitué uniquement de photos et de films de famille – illustre le processus de quête identitaire. Les archives ­témoignent d’une époque précise: de 1970 jusqu’à l’aube de l’an 2000. En ­effet, ici, on ne verra pas de vidéos provenant des réseaux sociaux ou de portraits pris avec un smartphone. La plupart des souvenirs proviennent de clichés tirés à l’argentique ou d’extraits VHS. Il n’y ­aura pas non plus de gros plans dégoulinants sur les participants en larmes.

Ce dispositif étonnant et le montage extrêmement bien construit les pro­tègent d’une certaine obscénité. Au fur et à mesure, on plonge avec eux dans leur album de famille (d’adoption). Un ­procédé à contre-courant et totalement percutant. Outre sa dimension autobiographique, c’est un film éminemment politique que livre Amandine Gay (qui cumule les casquettes de sociologue, ­militante et féministe). On comprend ce qui s’y joue: les rapports de classes et les relations Nord-Sud (des enfants défavorisés provenant de pays pauvres adoptés par des familles de classe moyenne supérieure issues de pays riches). Un sujet fort qui interroge sur les origines, le déracinement et sur les liens qui se font, se défont et, parfois, se refont.

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