À la télé ce soir: Burning, un très grand film

Grand film-énigme envoûtant, Burning navigue avec une aisance insolente entre le Jules et Jim à la sauce coréenne et le thriller intime hitchcockien. Un must!

burning
© Arte
Diffusion le 28 février à 22h45 sur Arte

Variation coréenne de Jules et Jim, Burning prend son temps pour effeuiller ses mys­tères. Le film est une énigme à résoudre. Sur les pas du jeune Jong-su en quête de sens, il nous prend par les sens, et nous entraîne dans un laby­rinthe de sentiments contrastés. Jong-su, jeune coursier aspirant écrivain taiseux, est amoureux de Hae-mi, sa voisine d’enfance retrouvée par hasard. Hae-mi invite un inconnu dans son intimité et dont les larmes semblent toutes couler vers une étrange pulsion de mort. Le rival, wonderboy séduisant, sûr de lui, pyromane et mythomane à ses heures, a une présence inquiétante et attise le feu de la libido de ces deux-là. On tombe sous la fascination de ce “trouple”, cet étrange couple à trois, aux pulsions contrariées. À travers le portrait intense de cette jeunesse coréenne en recherche de repères, c’est toute sa société que Lee Chang-dong interroge les yeux dans les yeux.

Adaptant librement une nouvelle de Murakami, Les granges brûlées, elle-même inspirée d’un récit de Faulkner, le cinéaste prodige de Poetry s’amuse à brouiller les pistes de sa narration, occupé à radiographier les élans du cœur plus que jamais universels. Si certains codes nous échappent, le cinéaste se livre à une peinture incroyablement juste de notre monde contemporain, miné par une effroyable injustice sociale. Le film explore l’énigme du monde dans un récit joueur, balançant entre fable existentielle et thriller sous tension. Et chacun des personnages (nous, quoi, car ce sont nos doubles) est une pièce unique pour en reconstituer le puzzle. Grand, très grand film.

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