À la télé ce soir: Touchées, le premier téléfilm d’Alexandra Lamy

Pour la première fois réalisatrice, Alexandra Lamy livre un téléfilm poignant montrant ­comment des victimes de violences conjugales et sexuelles se rencontrent pour tenter de se reconstruire ensemble.

Mélanie Doute Chloé Jouannet Claudia Tagbo
© TF1
Diffusion le 23 février à 20h30 sur RTL-TVI

Cela fait maintenant des années qu’Alexandra Lamy s’est engagée dans la lutte contre les violences envers les femmes. Alors quand un producteur, Philippe Boëffard, l’a contactée pour faire un film sur le sujet (une adaptation de la BD Touchées de Quentin Zuttion), elle se montre intéressée, tant le thème lui tient à cœur. Sauf que contrairement à ce qu’elle croyait, il ne lui propose pas de jouer mais d’être réalisatrice. Un défi de taille qu’elle n’avait jamais relevé jusque-là. Ainsi est né ce téléfilm qui prend aux tripes, tant cette fiction reflète une réalité répandue mas pas moins déchirante.

Qu’on ne s’y trompe pas: ce que montre le film, ce ne sont pas les violences mais comment les victimes se reconstruisent. Ici, on suit plusieurs de ces femmes qui s’inscrivent dans un groupe d’escrime thérapeutique. Trois d’entre elles, Lucie, Nicole et Tamara dévoilent ce qu’elles ont subi ainsi que les séquelles qu’elles en gardent. En se soutenant, elles décident de lutter pour faire face à ces défis et ainsi reprendre les rênes de leurs vies. Pour les trois rôles principaux, Alexandra Lamy a misé sur des proches (Mélanie Doutey est une de ses meilleures amies et Chloé Jouannet est sa fille) et sur la capacité de Claudia Tagbo à passer de la comédie au drame. Pour le reste, elle a recruté des personnes engagées contre ces violences et posé une question. ”J’ai demandé s’il y avait une violence que les actrices auraient subie. Je suis sûre que parmi toutes ces personnes, il devait y en avoir des vraies, même si je n’en sais rien, tant le sujet touche beaucoup de monde. Mais ce que je sais, c’est qu’elles étaient toutes très engagées, tout comme les hommes. Puis il faut rappeler qu’on parle des femmes, mais il y a des victimes hommes aussi”, souligne Alexandra Lamy.

Tout comme les trois actrices principales, la réalisatrice s’est beaucoup documentée sur le sujet. Cela se voit, tant Touchées se donne pour mission de refléter le plus fidèlement possible la réalité. ”Ces victimes se sont construites avec la peur et bizarrement, quand elles vont mieux, elles se perdent, parce qu’il n’y a plus l’environnement qui constituait un repère. C’est ce que l’on voit ici. Ce sont des choses complexes à travailler, avec des femmes souvent isolées, qui ont un enfant et qui n’oseront plus partir, etc. Sortir de l’état de victime, il faut l’accepter, c’est difficile. Tant qu’on ne l’admet pas, c’est compliqué.” D’où l’utilité de montrer cette épreuve de la reconstruction, rarement représentée à l’écran alors que cela concerne beaucoup de personnes. ”On se rappelle toutes une agression, ce qui ne se résume pas qu’au viol mais représente plein de choses”, ajoute Alexandra Lamy qui rappelle que selon un sondage français de 2017, une femme sur deux a déjà subi un harcèlement ou une agression sexuelle. Maintenant, la réalisatrice espère toucher les victimes avec son film et leur montrer qu’elles peuvent demander l’aide des associations. ”On sait maintenant ce qu’on peut faire. Ce n’est pas une question de courage. Si on pousse la porte, il y a plein de gens qui peuvent vous aider. Même si le trajet est long, on peut se reconstruire. C’est d’ailleurs pour cela que je le fais à la télé, car c’est là où ça touche le plus de monde. Si au moins quelques personnes pouvaient ensuite se rendre auprès d’une association pour avoir un coup de main, ce serait déjà ça de gagné.”

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