Alessandra Sublet sur "Handigang": "On retient une leçon de ce film"

Alessandra Sublet et Théo Curin incarnent des révoltés défendant  les personnes avec des handicaps.

Alessandra Sublet et Théo Curin
© Prod

Ce mercredi soir à 20h30, RTL-TVI diffuse un téléfilm inédit, Handigang. L’histoire de Sam (interprété par Théo Curin, nageur handisport), un jeune amputé des quatre membres qui tente de vivre comme tous les ados de son école. Mais se rendre en cours est un défi permanent. Ascenseurs en panne, toilettes inaccessibles pour lui, escaliers partout, etc. Un jour, il en a ­marre. Avec des amis eux aussi ­atteints de handicaps (sourd, ­autiste, malade de la mucoviscidose), il crée le Handigang, un groupe menant des actions coups de poing dans le lycée, comme saccager les sanitaires, pour sensibiliser sur leurs difficultés du quotidien. Commencent alors les ennuis avec la direction mais ­aussi avec sa mère (incarnée par Alessandra Sublet), tiraillée entre le soutien à son fils et ses préoccupations quant à son avenir. Pour l’animatrice, faire ses débuts d’actrice dans ce film a été particulièrement émouvant et elle souhaite que le public soit touché par ce sujet de société rarement représenté à la télé.

"On ne traite pas ce sujet de façon triste mais positive"

Présenté comme ça, Handigang a l’allure d’un téléfilm dramatique. En réalité, il s’agit bel et bien d’une comédie. "Cela reste un film gai, on n’est pas dans le pathos", ­insiste la présentatrice de TF1 qui tient ici son premier rôle au cinéma. "C’est pour cela que j’ai accepté de jouer ici. On ne traite pas ce sujet de façon triste mais positive". Puis si Alessandra Sublet a accepté de figurer dans ce film, c’est aussi parce que la réalisatrice Stéphanie Pillonca l’a convaincue de franchir le pas vers le milieu du cinéma. Après les essais, "je me suis trouvée crédible", raconte-elle. "Il y a une différence entre mon métier et celui d’actrice. À partir de ce moment-là, je me suis dit ‘allons-y’. Puis il y a eu aussi la rencontre avec Théo Curin, qui est un garçon tellement incroyable que tous les ingrédients étaient là pour que je me lance. Enfin, cela correspondait à un moment de ma vie où j’étais prête à faire autre chose, où j’ai fait le tour de beaucoup d’expériences en télévision. C’était l’alignement des planètes".

Ce qui lui plait aussi dans Handigang, c’est que le scénario alterne entre les ­passages plus graves et plus légers. Un enchaînement dynamique destiné à ce que le téléspectateur passe un moment agréable. Pour autant, Handigang est une adaptation réussie (bien que nécessairement condensée) du livre homonyme sorti en 2017, lui-même inspiré d’une histoire vraie, ­rappelle Alessandra Sublet. Il s’agit surtout d’un message de ­tolérance et d’un appel à une prise de conscience collective sur la ­situation des personnes avec ­handicaps.

"Ce ne sont pas eux qui sont handicapés, c’est la ­société qui leur impose cette éti­quette"

Si l’actrice ne veut pas se voir comme la porte-parole du sujet porté par le film, il s’agit néanmoins d’une thématique qui lui tient à cœur. "Quand tu vois un scénario comme cela, je me suis dit que je n’avais pas de handicap et que je ne pourrais pas parler pour eux. La réalisatrice m’a répondu que j’avais raison mais que ce n’était pas ce qu’on me demandait. Puis après, quand on rencontre ces gens dans le film qui ont vraiment un handicap, on se rend compte à quel point le droit à l’accessibilité est important. Car ce ne sont pas eux qui sont handicapés. C’est la ­société qui leur impose cette éti­quette, parce qu’elle ne leur donne pas le droit à l’accessibilité. En ça, le film est très bien fait".

Pour Alessandra Sublet, jouer dans Touchées l’a en tout cas amené à changer de regard sur la problématique ici abordée. "Une fois Théo m’a dit qu’il ne pouvait pas aller aux toilettes et je lui demandé pourquoi. Et c’était tout simplement qu’il ne pouvait pas y avoir accès. Toi, quand t’es valide, tu ne fais pas à ce genre de considération. C’est quand tu vis avec ces personnes que te dis que c’est salaud parce qu’il suffit de mettre une rampe. Le film fait ressortir ça". L’animatrice télé a en ce sens été très touchée par Théo Curin, qui "porte en lui la notion de dépassement de soi tous les jours".

Handigang, comme Intouchables

Le téléfilm est d’autant plus frappant qu’il représente un thème rarement abordé à la télévision. Selon un rapport du CSA en 2019, seulement 0,6% du temps d’antenne en France montrait des personnes avec handicaps, alors que ces dernières comptent pour 18% de la population selon l’INSEE (tous handicaps confondus). "C’est très casse-gueule comme sujet", explique Alessandra Sublet. "Le handicap est déjà triste à la base, donc il y a moins d’incitant à faire un film là-dessus. La réussite, c’est ‘Intouchables’ qui est à la fois gai et dur. ‘Handigang’, c’est pareil. Ils ont réussi à parler d’un sujet important d’une façon décalée. On retient une leçon de ce film et en même temps, on n’est pas triste. C’est un élan positif, avec des moments drôles. C’est très dur de voir des films comme ça".

Pour l’heure, elle se réjouit de voir "Handigang" figurer au festival des créations TV de Luchon, car "si cela attire des professionnels qui ont l’habitude de voir ce genre de film, c’est cool". "C’est une reconnaissance pour la réalisatrice et pour porter le sujet. Car plus on va en parler, mieux c’est". Quant à ce qu’elle va faire personnellement par la suite en tant qu’actrice, Alessandra Sublet avoue qu’elle "aime trop essayer des choses" que pour s’enfermer dans un style comme celui des téléfilms. Ce qu’elle veut, c’est du challenge. "Maintenant je peux essayer les plateformes, le cinéma. Autant trouver des projets qui me plaisent. Ce sera la surprise, et pour moi aussi si ça se trouve".

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