À la télé ce soir: Al Pacino, le portrait

Malgré son physique typé d’Italo-Américain, Pacino a su imposer son style et son jeu moderne 50 ans durant au Tout-Hollywood. Portrait entre ombre et lumière d’une immense star modeste.

Al Pacino sur le tournage du film
© Arte
Diffusion le 5 février à 23h20 sur Arte

Passant sa jeunesse dans le Bronx, Al Pacino joue très tôt au “bonhomme”. À 9 ans, il fume déjà comme un pompier et à 13, il enchaîne les verres d’alcool. Sa réalité, c’est celle d’un petit Italo-Américain des quartiers pauvres, et elle aurait pu s’arrêter aussi prématurément que celle de ses deux meilleurs amis, morts de trop de dope. Tout comme son compatriote Scorsese, c’est le cinéma qui lui sauve littéralement la peau. En 1954, il voit Brando, son idole, dans Sur les quais, de Kazan. Et c’est LA révélation, il fera du cinoche. Il tente le concours de l’Actor’s Studio, qui a fait naître, entre autres… Brando. La deuxième est la bonne.

Très vite, le théâtre devient une drogue dure pour lui. “Peu m’importait la célébrité, l’argent, que je sois bon ou mauvais. L’important était juste de jouer”, dit l’acteur dans ce documentaire inspiré. Son corps mince et nerveux, son regard intense transpercent l’écran dans la peau du junkie fiévreux de Panique à Needle Park (1971) de Schatzberg.

Sa chance? Il explose dans la décennie la plus créative et la plus libre du cinéma américain, celle du Nouvel Hollywood, dont il devient un acteur phare. Les antihéros, les ratés, les paumés prennent le pouvoir sur les grands écrans et son physique typé et son obsession du jeu juste s’avèrent une bénédiction pour lui faire gravir les sommets. Malgré les réticences des producteurs et sa peur de ne pas être à la hauteur, Pacino devient une star internationale avec le blockbuster Le parrain où il donne la réplique à son “dieu” Brando. Continue les films indépendants, retrouve Schatzberg dans L’épouvantail où son humanité crève l’écran aux côtés du colosse Hackman. Avec Scarface, il devient l’idole des jeunes et bouffe l’écran tout cru. Pourtant, l’acteur est en proie à des démons qui le tourmentent, tombe le nez dans la bouteille, multiplie les cures de désintox.

Entre ses errements et ses renaissances, le doc trace avec passion le portrait d’un homme-phénix, fou furieux de Shakespeare, que rien ne semble pouvoir arrêter aujourd’hui, à 81 ans. Il était en effet à l’affiche de pas moins de trois films encore cette année.

Sur le même sujet
Plus d'actualité