À la télé ce soir: Le procès de Lady Chatterley

Retour sur le procès qui a offert une deuxième vie au roman L’amant de Lady Chatterley.

Retour sur le procès qui a offert une deuxième vie au roman L’amant de Lady Chatterley.
Diffusion le 2 février sur Arte à 22h20

Fin des années 1920, David Herbert Lawrence décide de romancer la vie de Lady ­Chatterley, dont le mari est ­revenu infirme de la Première Guerre mondiale. L’écrivain décrit – dans les détails – comment la jeune femme, privée de relations charnelles suite aux bles­sures de guerre de son époux, s’éprend du garde-chasse avec lequel elle satisfait notamment ses désirs sexuels.

Un récit certes érotique, mais également sensuel et romantique. qui va se voir interdit dès sa sortie en 1929 car jugé trop sulfureux, voire pornographique. Le bouquin ­tombe alors quelque peu dans l’oubli pendant trois bonnes décennies. Puis, en 1960, une nouvelle loi assouplit la censure en autorisant la publication d’œuvres dites obscènes à la condition qu’un tribunal leur reconnaisse des ­qualités littéraires. L’éditeur Penguin Books en profite pour diffuser à nouveau le roman de Lawrence, qui n’en saura rien, puisqu’il a alors déjà quitté ce monde depuis trente ans.

La riposte ne se fait pas attendre et le gouvernement britannique attaque Penguin Books pour publication obscène. Le procès s’avère haletant, tout simplement parce qu’il raconte un moment très important de l’histoire sociale britannique. Il va en quelque sorte constituer le début d’une ère beaucoup plus libérale, celle des ­sixties. Une ère où il est possible de parler de sexe sans fausse pudeur, où l’on dénonce ouvertement les ravages de la guerre, où l’on peut mêler les classes ­sociales en évoquant l’idylle entre un prolétaire et une lady.

Dans ce documentaire, la réalisatrice Mathilde ­Damoisel revient sur les grands ­moments du procès grâce à des archives, des scènes rejouées par des acteurs, et via notamment les commentaires d’écrivains tels que Sylvain Tesson ou ­Catherine Millet. Une façon de souligner à nouveau la modernité du roman.

 

 

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