À la télé ce soir: Basquiat, un adolescent à New York

Basquiat, un adolescent à New York n’est pas un biopic traditionnel. Ce film sensible nous montre ses débuts.

Basuqiat, un ado à New York
Diffusion le 20 janvier à 21H10 sur France 4

New York, 1975. La ville agonise, criblée de dettes, abandonnée par l’État, fuie par la classe moyenne. La violence et la criminalité explosent. Son décor déglingué devient le berceau de l’underground. Les artistes couvrent ses murs et ses métros de graffitis, se droguent et font la fête dans ses bâtiments abandonnés, vivent punk, libres, bohèmes, ensemble. Et créent. Sara Driver, la réalisatrice du documentaire, parle en connaissance de cause, elle y était. Elle a vécu l’eldorado de la Big Apple de Warhol.

Lorsqu’en 2017 elle décide de raconter cette époque-là à travers l’un de ses principaux héros, elle fouille ses archives et part retrouver ses complices, pour qu’ils partagent leurs souvenirs de Basquiat l’étoile filante. On y verra le street artiste Al Diaz, Jim Jarmusch, compagnon de Sara Driver, puis les autres disparus, les proches… Par petites touches, par évocations successives, la cinéaste ressuscite le peintre, dans sa période SAMO (comme ”Same Old Shit”, signature qu’il apposait à ses graffitis). On le découvre à 17 ans. Le jeune à gueule d’ange vit dans la rue. Il couvre le sud de Manhattan de dessins et d’aphorismes fiévreux, qui frappent les passants et vous restent dans la tête. On va voir comment les gribouillis deviennent œuvres. Comment le succès arrive. Comment le travail enfièvre… La séquence n’ira pas jusqu’à l’explosion du succès, aux piles de billets de banques dans l’appartement et aux addictions qui marquent les dernières années de la trop courte vie du peintre (encore un membre du club des 27). Elle s’arrête lorsque les galeries lui ouvrent leurs portes et que tout semble encore possible. Poétique, fantaisiste, cet hommage fascine et émeut, comme une évocation d’un temps fou et dur, un feu d’artifice de lumière noire. Pas besoin d’être expert en art contemporain pour savourer ces images… mais cela pourrait donner envie de le devenir.

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