À la télé ce soir: un documentaire choc sur les déchets occidentaux exportés

Un documentaire de Lars Edman dénonce le scandale des déchets occidentaux exportés dans les pays du Sud.

A Arica, au Chili, les déchets occidentaux provoquent de nombreux dégâts

Diffusion le 15 janvier à 22H50 sur La Trois

En 1984, la société minière suédoise Boliden exporte 20.000 tonnes de boues toxiques au Chili, alors en pleine période de dictature. L’entreprise Promel est censée les traiter. Une grande partie est abandonnée, à l’air libre, à côté de la ville d’Arica. Des logements sociaux sont construits juste à côté. Le site n’est pas fermé, pas protégé par des murs. Les poussières volent vers les habitations. Les enfants vont jouer dans le terrain vague près de leurs maisons. Ils glissent sur les talus, construisent ”des châteaux de terre”, comme le raconte une maman. Mais cette terre est bourrée d’arsenic, de plomb et de mercure. Et elle contamine les gens. Pendant 14 ans.

En 1998, l’État oblige la société à déplacer les déchets un peu plus loin dans le désert. Ils y sont toujours, enterrés sous une bâche de plastique et recouverts de sable. Mais le mal est fait. Les habitants voisins développent des cancers. Des bébés naissent avec de graves malformations et anomalies congénitales.

Lars Edman dénonce une première fois la situation en 2006, dans son film Toxic Playground. Originaire du Chili, il a grandi à Boliden en Suède. Il va filmer Arica, rencontre les gens, se dédie à leur cause. Ce second documentaire relate les développements de l’affaire, pendant 15 ans. Il va revenir sur place, rencontrer les familles, dans leurs maisons, au cimetière, écouter leur souffrance et partager leur révolte. Puis il relate le réveil des consciences. Un avocat décide en effet d’attaquer Boliden en justice, en Suède, au nom de 800 victimes chiliennes. Le réalisateur suit pas à pas l’enquête, puis le procès, jusqu’au verdict. On y découvre l’ampleur du cynisme de la multinationale, qui dégaine des moyens colossaux pour ne pas prendre ses responsabilités. Une histoire d’ordures, au sens propre comme au figuré.

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