À la télé ce soir: Alice Guy, l’inconnue du 7e art

Première femme derrière la caméra, Alice Guy renaît dans un documentaire féministe et joyeux dit par Agnès Jaoui.

Alice Guy
© ARTE

Diffusion le 5 janvier à 22h30 sur Arte

Accompagnant le précieux roman graphique de Catel et Bocquet sur la cinéaste (paru à l’automne dans la collection “Clandestines de l’histoire” chez Casterman), Arte consacre un documentaire à Alice Guy (1873-1968), première réalisatrice et productrice du cinéma injustement invisibilisée par l’histoire. Réalisé par Valérie Urrea et Nathalie Masduraud à partir d’archives ingénieusement colorisées, illustré de manière ludique par la dessinatrice Catel, narré par Agnès Jaoui et la comédienne Maud Wyler reprenant la voix d’Alice à partir de ses mémoires et d’une ultime interview d’elle, le film réhabilite avec finesse et fantaisie celle qui débuta comme secrétaire de Léon Gaumont dans le Paris de la Belle Époque, avant de devenir la première femme directrice d’un studio de cinéma dans l’Amérique pré-hollywoodienne (les studios Solax à Fort Lee).

Contemporaine des frères Lumière, de Gustave Eiffel et de Méliès, Alice Guy a contribué par ses centaines de films au catalogue du cinéma primitif. Par ses trouvailles, sa fantaisie, ses idées progressistes, ses courts-métrages ont contribué à inventer le langage cinématographique originel. Invention du regard féminin (La fée aux choux en 1896, Madame a des envies en 1906…), premier péplum de l’histoire (La vie du Christ en 1906), premier film avec une distribution entièrement afro-américaine dans l’Amérique ségrégationniste: les films d’Alice Guy reflètent l’évolution de la condition féminine et ses héroïnes préfigurent les grandes comédies hollywoodiennes. Mais en devenant lucratif, le cinéma devient une affaire d’hommes et Alice Guy est peu à peu effacée de la mémoire collective. Il est plus que temps de la retrouver

Sur le même sujet
Plus d'actualité