À la télé ce soir: Hashtag Boomer avec Laurence Bibot

Quatre trentenaires, leurs parents, la nouvelle sitcom de Be Séries tente de capter l’air du temps.

extrait de la nouvelle série de Be serie hashtag boomer
produit en france par Constance Maillet Maïtena Biraben Alexandra Crucq © BE serie

Diffusion le 31 décembre à 20h30 sur BeSeries

#OKBoomer, le hashtag a mis en évidence la rébellion des plus jeunes face au conservatisme donneur de leçons de leurs aînés. On se rassure, tous les personnages de parents ne seront pas des anti-vegans, anti-climat, anti-tout. Ici, la comédie élargit le thème, pour montrer les relations entre des adultes et des géniteurs actifs, mais décalés. Ouf, on voyait mal Laurence Bibot en pure boomeuse… Car oui, il y a Laurence Bibot au casting, dans le rôle d’une mère un chouïa autoritaire et surtout stressée des ondes GSM. Un régal, pour le coup, même si forcément, nous, public belge et groupie, on est sans doute moins surpris que les spectateurs français.

Pour le reste, on avoue, on se sent un peu boomer de le dire, mais l’art de la comédie de situation et de génération est difficile. N’est pas Nicole de Buron qui veut (dans le genre référence vintage, on a fait fort, mais on assume, il faudrait imposer la lecture intégrale de Nicole de Buron à tous les scénaristes de l’Hexagone qui envisagent de faire rigoler avec des histoires de familles). Face à ce pitch, on attend de l’écriture rythmée, des personnages crédibles. On veut à la fois s’y reconnaître et être surpris. On attend du Gilmore Girls, du Friends, du How I Met Your Mother, du This Is Us. Et on n’y est pas. Dans les deux premiers épisodes en tout cas.

Malgré de très bonnes idées, Hashtag Boomer s’est pris les pieds dans le tapis roulant des clichés. Il ne se vautre pas… Mais il se plante, parfois lorsqu’il nous met face caméra l’une des actrices faisant le mode d’emploi d’Adopte un mec pour sa mère ou lorsqu’elle dépeint une famille ultra-catho à serre-tête en velours (pour de vrai). L’argument, aussi, semble paradoxalement plutôt old school: Hassan annonce à ses trois amis que sa copine, rencontrée depuis six mois, attend un bébé. La réaction, infecte, des comparses les rend d’emblée antipathiques. Il y aura fort à faire pour rattraper le coup pour nous faire rentrer dans cette intrigue. On en retient la tentative de représenter une masculinité différente, à travers l’idée rigolote de montrer le fils d’Amanda Lear (elle est annoncée au casting, mais on ne l’a pas encore vue), hétéro en bas de soie et ongles noirs, un peu gadget mais plus originale que les héroïnes féminines, en quête d’identité ou d’orgasme, qui enfoncent des portes ouvertes depuis les années 90. Il reste toutefois six épisodes pour lancer des péripéties plus drôles et installer le dynamisme d’une série à sketches. On y croit. Parce que Laurence Bibot.

 

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