À la télé ce soir: L’épopée du club Mirano

Mirano 80. L’espace d’un rêve ouvre les archives du club mythique de la capitale. Au temps où Bruxelles s’inventait. Et dansait.

une soirée au mirano continental durant les années 80
production Thomas Purcaro Decaro et Luc Jabon. © Michel Baudour, image création

Diffusion le 27 décembre à 22h20 sur La Trois

Voir ce documentaire aujourd’hui, alors que la nuit s’est éteinte, prend une dimension particulière. L’épopée du Mirano Continental, club ouvert en mars 1981 à Saint-Josse dans un ancien cinéma, est une histoire de liberté, de mélanges, de création et de joie. C’est aussi la découverte des origines de la culture festive belge actuelle, à travers ce creuset qui a posé les bases et instauré un esprit qui nous manque tant cet hiver. Cette aventure nous rappelle, comme le fait un des intervenants, qu’on ne sort pas seulement pour danser. On peut avoir été plutôt Démence ou plutôt Fuse que Mirano, on ne peut pas nier qu’on s’y est amusé et qu’on y a créé.

Le Mirano Continental, c’était aussi Cargo de Nuit, Gille Verlant, Jean-Pierre Hautier… Pendant trente ans, le public s’est retrouvé chaussée de Louvain pour vivre dans l’instant et oser être lui-même. Les quatre jeunes Bruxellois à l’origine du Mirano se sont inspirés du Palace parisien et du 54 américain. Ils ont réveillé un milieu et rassemblé artistes, noceurs, modeux, bourgeois… Tous se sont croisés dans des nuits glamour ou expérimentales, des soirées ”sauvage”, ”romaine”, à thèmes. ”Cette originalité aura également permis au Mirano Continental d’être un espace d’émancipation, que ce soit comme dépassement des frontières sociales ou en faveur de minorités mises à l’écart, comme c’était le cas à l’époque pour la communauté homosexuelle”, soulignent les réalisateurs Luc Jabon et Thomas Purcaro Decaro qui qualifient la boîte de ”Facebook en live”. Les nostalgiques savoureront chaque seconde de témoignage et chaque vidéo d’archives. La masse d’images vidéo, des photos, des affiches, tout ce matériel patrimonial conservé par Paul Sterk représente l’une des grandes forces du film. Les plus jeunes vont adorer ce coup de folie, avec une pointe d’envie et de regret. Espérons que, bientôt, plus rien ne s’oppose à la nuit.

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