À la télé ce soir: Mad in Belgium, voyage dans la ciné-belgitude

Yves Montmayeur fait le tour de notre entreprise qui ne connaît pas la crise: le cinéma belge des sous-sols, des rires et des bouts de papier. Et ça décoiffe.

À la télé ce soir: Mad in Belgium, voyage dans la ciné-belgitude
Extrait du documentaire mad in Belgium copyright : Yves Montmayeur

Diffusion le 22 décembre à 20h30 sur BeCiné

Le scribe de Jules César a dû se tromper dans ses tablettes. En fait, de tous les peuples de la Gaule, les Belges sont les plus fous. Et Yves Montmayeur nous en apporte la preuve par image dans son documentaire Mad in Belgium, sur BeCiné ce soir, où le cinéaste traque dans notre petit Royaume ce que signifie faire du cinéma underground en noir-jaune-rouge.

L’aventure commence par le plus hurluberlu d’entre tous, Benoît Poelvoorde, premier exportateur à l’international de notre cinéma de la déconnade, qui clame son amour à l’émission Strip-Tease, qui l’a selon lui " mis au monde ". Et de fait, elle est à l’origine de son ovni fulgurant, C’est arrivé près de chez vous, concocté avec une bande de sales gamins, André Bonzel, Rémi Belvaux, et Vincent Tavier.

Et le docu s’étire comme un tordant cadavre exquis, démontrant que le rire est Belge et qu’il coule dans les veines du lambda croisé dans notre Royaume. De fait, c’est dans les rues que Jean-Jacques Rousseau, foldingue cinéaste à la cagoule, recrute les acteurs de ses films improbables.

Parmi ces zinzins du pays, certains se sont donc mis à être réalisateurs. Vous en croiserez une tripotée, bien allumés du plafonnier, des connus comme Bucquoy l’anartiste multicasquette, mais aussi des moins connus comme le garnement provocateur Roland Lethem, qui adresse à son public avec son film Bande de cons (1970) un message plus qu’explicite.

Ce cinéma branque, " doigts dans le nez " et bouts de ficelle (bonjour Patar et Aubier!) nous ramène avec bonheur à l’enfance. Mais parfois, ça dérape un peu, ça s’engueule aussi avec emphase comme Poelvoorde et du Welz qui nous rejouent les Kinski et Herzog sur le tournage d’Adoration. Mais surtout, cet humour à la Belge, au-delà d’être dépositaire de notre belgitude, " est une autre manière de regarder les choses ", comme l’explique Xavier Seront. Et " de dire aux cons, aux moches, aux lâches qu’on les aime " parce qu’ils nous ressemblent.

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