De nouveaux témoignages accablants contre PPDA: "Il consomme et maltraite"

Après le classement sans suite de l'enquête préliminaire à l'encontre de Patrick Poivre d'Arvor, les témoignages continuent de se multiplier contre l'ancien présentateur. Dans les colonnes de Libération, trois nouvelles femmes accusent, elles aussi, l'animateur. Certains faits ne sont pas prescrits.

Patrick Poivre d'Arvor
Patrick Poivre d’Arvor. @ BelgaImage

Le 8 novembre dernier, le quotidien Libération relayait les témoignages de 8 femmes. 8 femmes qui accusaient, à visage découvert, Patrick Poivre d’Arvor d’agression sexuelle ou de viol. Plus d’un mois plus tard, de nouvelles femmes prennent la parole dans les colonnes du même journal. 3 femmes, qui accusent, elles aussi, l’ancien présentateur du journal télévisé de TF1. Trois femmes qui ne figuraient pas dans l’enquête préliminaire ", précise Libération. " Elles décrivent des faits pouvant s’apparenter à des agressions sexuelles ou des viols. L’un d’eux, non prescrit, pourrait entraîner des poursuites judiciaires ". 

En première page du quotidien, on peut ainsi lire le récit d’Amandine Cornette de Saint Cyr. L’autrice de 46 ans a été " sidérée par la similitude avec ce qu’elle a vécu " en lisant les 8 précédents témoignages. Elle explique avoir, en partie, raconté ces faits dans son livre Des Plumes sous ma couette, dans lequel PPDA apparaît sous l’ " animenteur ". " Je me suis appropriée cette histoire par l’écriture en montrant qui il est vraiment ", explique l’écrivaine. Amandine Cornette de Saint Cyr raconte avoir rencontré le journaliste pour la première fois en 2007. Pour l’enregistrement de l’émission littéraire Vol de nuit dans laquelle elle présentait son premier roman. 

Les faits n’auront lieu que deux ans plus tard. Lorsqu’elle le retrouve au festival de Cannes, en mai 2009. PPDA, après l’avoir repéré " d’en haut, sur le ponton ", lui aurait proposé de monter les marches ensemble le soir même. Le rendez-vous avait été fixé dans le hall de l’hôtel du journaliste. C’est là que la situation aurait dérapé. 

L’écrivaine explique qu’à son arrivée, PPDA lui aurait demandé de monter dans sa chambre. Elle aurait alors trouvé l’animateur nu dans un peignoir. " Je n’ai pas eu le temps de me poser 10.000 questions, ça a été ultra rapide ", poursuit-t-elle. Le quotidien ajoute qu’elle précise ensuite ses propos, en parlant de relation sexuelle " inattendue et non souhaitée ". Elle refuse cependant d’utiliser le mot viol, en expliquant qu’elle " aurait pu se défendre " et qu’il n’y a " pas eu de violence ".  Amandine Cornette de Saint Cyr estime avoir été " abusée ": " J’ai été prise au dépourvu, il consomme et maltraite ". Elle ajoute s’être sentie "rabaissée et humiliée" par celui qu’elle qualifie "de prédateur". 

Des faits qui pourraient entraîner des poursuites judiciaires, puisqu’ils ne sont pas prescrits. Libération note cependant que l’autrice " ne souhaite pas porter plainte à ce stade ". Mais, " il est possible qu’ils intéressent la justice, qui pourrait rouvrir le dossier bientôt ". 

"Sensation d’avoir suivi le loup"

Le quotidien relate ensuite le témoignage de Laure Eude, qui a rencontré le journaliste en 1985. Lors d’un stage au bureau de presse du festival de Cannes. Elle avait alors 23 ans. Elle raconte, elle aussi, avoir été attirée dans la chambre du journaliste. Chambre où elle explique avoir été violée. " La scène avait durée trois minutes. J’avais la sensation d’avoir suivi le loup et que le loup m’avait mangée ". Laure Eude ajoute avoir prévenu le bureau de presse du festival et ses proches, mais qu’aucune poursuite judiciaire n’a été engagée. Elle a finalement porté plainte en novembre 2021.

Le dernier témoignage est celui d’Isabelle (dont le prénom a été modifié par le quotidien). Elle explique avoir été embrassée de force par PDDA dans un ascenseur. Les faits remontent à 2013 et se seraient déroulés lors d’un festival en Savoie où elle était hôtesse d’accueil. Cette troisième femme a également déposé plainte. 

Ces témoignages surviennent quelques jours après la diffusion ce dimanche d’un autre témoignage accablant dans l’émission Sept à Huit. Aude Darlet, employée d’une compagnie d’assurances y assurait avoir été agression sexuellement par l’ancien compagnon de Claire Chazal en 2002.

Patrick Poivre d’Arvor nie, de son coté, toujours les faits. En juin dernier, l’enquête préliminaire pour viols et agressions sexuelles a été classée sans suite. L’enquête avait, pour rappel, été ouverte suite au dépôt de plainte de l’écrivaine Florence Porcel. 23 femmes avaient témoigné et huit plaintes déposées. Le parquet a jugé que la majorité des faits étaient prescrits et que pour ceux qui ne l’étaient pas, il manquait d’élément pour constituer l’infraction.

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