À la télé ce soir: Angle mort de Nabil Ben Yadir

Dans Angle mort, le Belge Nabil Ben Yadir fait l’exercice du polar politique autour d’un flic séduit par l’extrême droite.

Peter Van den Begin dans angle mort
© DR

Diffusion le 14 décembre à 22H35 sur Club RTL

Après une comédie sociale qui a frôlé le phénomène (Les barons) et une évocation historique (La marche) bien accueillies, Nabil Ben Yadir remise tout avec ce film noir planté des deux côtés de la frontière ­linguistique. Le casting se balade entre Anvers, Bruxelles et Charleroi avec, en tête, l’excellent Peter Van den Begin en flic de choc sur le point de rejoindre les rangs d’un parti d’extrême droite. Une succession d’événements et un lourd secret contrarient les plans de l’ex-policier…

Action, suspense et scénario à rebondissements: tous les ingrédients sont réunis pour composer un polar captivant qui pose, en filigrane, la question de la montée des populismes et pointe du doigt les contradictions de ceux qui prétendent vouloir laver plus blanc que blanc. “Mon personnage, ce n’est pas ton ami, expliquait l’acteur principal. C’est un dur, pas sympa, mais il me fallait créer quelque chose pour que, vers la fin du film, le public soit troublé, ému par ce type si inquiétant au départ.” Van den Begin livre une prestation marquante aux côtés d’une autre pointure du cinéma flamand, le grand Jan Decleir (Daens, Ne tirez pas), ainsi que de Soufiane Chilah, remarqué dans Black et bientôt à l’affiche d’Animals, le nouveau film de Nabil Ben Yadir. En 2017, à la sortie d’Angle mort, le réalisateur regrettait “la disparition des nuances au profit d’un discours carré, simpliste. On vit dans un monde où la subtilité n’existe plus. Tu ne peux plus être au milieu, tu dois faire des choix. D’où la tentation des extrêmes”. Près de cinq ans plus tard, force est de constater que les angles ne se sont guère arrondis.

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