Ugo de Koh Lanta, la légende: "L’île des bannis, c’est mon enfer paradisiaque"

Grâce à un parcours exceptionnel et à une humilité absolue, Ugo est devenu le chouchou de ce Koh Lanta. Rencontre (avec spoilers).

Ugo de Koh Lanta
© ALP

La légende de ce Koh Lanta, c’est lui. Premier éliminé de cette édition, Ugo a remporté toutes les épreuves sur l’île des bannis avant d’enchaîner, à son retour au sein de l’équipe, les victoires et les immunités… jusqu’à ce mardi soir. Le fauconnier de 40 ans savait que, pour sauver sa peau, il fallait à tout prix brandir le totem. Mais Claude a été plus rapide que lui, se qualifiant directement pour la finale. Peu après, lors du conseil, Ugo a récolté quatre voix contre lui. Jade, elle, deux. Le rescapé est donc éliminé pour la deuxième fois, aux portes de la finale. Le voilà désormais de retour sur « son » île, là où il a déjà fait des miracles.

Je peux vous appeler Ugoat, comme tout le monde sur les réseaux sociaux?
(rires) J’ai vu ça… Je suis assez content du retour que j’ai sur les réseaux sociaux. Les gens soulignent la difficulté de mon parcours, c’est sympa à voir. Mais appelez-moi Ugo, c’est très bien.

Éliminé le premier à l’unanimité, vous avez fait un sans-faute sur l’île des bannis et remporté toutes les immunités depuis la réunification, sans aucun confort… jusqu’à ce mardi. Qu’est-ce qui vous a fait tenir autant de temps?
Le mental. On y va avec l’envie d’être un guerrier. Il est hors de question d’abandonner à n’importe quel moment. On est là pour essayer d’aller le plus loin possible. Ce qui me fait tenir, c’est la détermination, l’envie de me dépasser. Pas le choix de toute façon, on avance la tête baissée.

À la première occasion, les autres candidats en ont profité pour vous éliminer… Vous vous y attendiez?
Je savais que j’allais être en danger, c’est clair. Mais je m’attendais à ce que les votes soient plus partagés… Je pensais que j’allais avoir en ma faveur le vote de Claude, que j’ai eu, et celui de Phil. D’où ma déception après le conseil.

Avez-vous eu ses explications depuis?
Oui, mais c’est le jeu… Phil, je sais comment il est. Ce n’est pas forcément volontaire de sa part. Il promet à beaucoup de gens beaucoup de choses et se retrouve finalement piégé entre plusieurs affinités. Je pensais que la nôtre était plus forte… Je suis vraiment déçu.

Tout n’est pas perdu pour vous puisque vous rejoignez l’île des bannis… encore. Dans quel état d’esprit êtes-vous avant de retrouver cette arène que vous connaissez si bien?
Retourner sur l’île des bannis, c’est la grosse surprise pour moi. C’est mon enfer paradisiaque, ou mon paradis en enfer, je ne sais pas comment le décrire. Elle m’a permis de vivre une aventure complètement dingue et différente, au-delà de ce que j’aurais pu imaginer. Il y a un côté positif, mais aussi négatif. J’ai vachement souffert sur cette île. De la revoir, c’est plus qu’un choc. Je le prends en pleine face. D’y retourner, ça me met un gros coup… Mais ça, on le découvrira plus tard.

On voit très peu d’images de la survie sur l’île des bannis… Vous y êtes pourtant resté 15 jours. C’était comment?
Le mot Robinson Crusoe m’est passé plusieurs fois par la tête car on se sent vraiment seul. Oui, on était souvent deux ou trois, mais il faut surtout se dire qu’on ne peut pas compter sur une équipe. C’est d’ailleurs écrit sur les panneaux, on ne peut compter que sur nous-même. Et ça, de ne pas pouvoir se reposer sur les autres, c’est vachement dur: il faut aller chercher le bois soi-même, la nourriture… tout. On peut donc parfois avoir tendance à baisser les bras, on se sent sombrer et, dans ces cas-là, on n’a pas une équipe derrière nous pour se remotiver.

Pour se nourrir, à partir du moment où mes jambes arrivaient encore à me porter, je prenais un pic, un bout de bois d’un mètre et je partais à la chasse au poulpe – c’est ce qui a de plus nourrissant – en marchant dans l’eau pendant des heures. Quand on ne trouvait pas de poulpe, on allait prendre des oursins, dans lesquels il y a à peu près 3 grammes à manger, et des bernards-l’ermite, mais on a vite épuisé les stocks de l’île. Alors, on sert la ceinture, un cran de plus puis un cran de plus. Mon poids habituel, comme aujourd’hui, est de 82 kg. À Koh Lanta, j’étais à 70… C’est assez hallucinant.

 

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Dans l’émission de ce mardi, vous dites que vous avez l’impression d’avoir vécu deux Koh Lanta…
Entre l’île des bannis et l’île principale, c’était vraiment deux salles, deux ambiances. À mon retour, j’ai commencé un deuxième Koh Lanta, avec la fatigue d’en avoir déjà fait un premier en mode Robinson… Je me sentais épuisé. Le fait de revoir du monde m’a reboosté, mais je sentais quand même que j’avais un train de retard en termes de stratégie. Ce sont deux aventures différentes. Mais dans l’ensemble, c’est incroyable. Je suis très fier de ce que j’ai vécu sur ce Koh Lanta, mais d’un côté c’est complètement improbable.

On a beaucoup parlé du pacte entre les femmes et de celui entre les hommes. Que répondez-vous à celles et ceux qui comparent cette édition à une guerre des genres?
Quand on doit éliminer des gens, on se rattache à ce qu’on peut. Et des fois, ce sont des choses futiles… C’était plus simple pour moi de me rattacher aux mecs, mais, si j’avais eu un peu plus les cartes en main, j’aurais adoré avancer avec Clémence, Jade ou encore Clémentine. J’ai vu pas mal de filles passer sur l’île des bannis. Elles sont tout aussi valeureuses.

La division entre les femmes et les hommes au début de cette aventure nous a mis les pieds dedans et a certainement créé des affinités, même si j’étais un peu en dehors de tout ça. Mais est-ce que ça se serait passé différemment avec des équipes mixtes? Je ne suis pas sûr. Et puis c’est peut-être grâce à ça que j’en suis là aussi aujourd’hui.

Si c’était à refaire, que feriez-vous différemment?
Je ne changerais rien, c’est moi… De toute façon, il n’y a rien qu’on puisse faire différemment. Quand on meurt de faim, on a du mal à jouer autre chose que ce que l’on est. Donc je ne crois pas que j’aurais réussi à changer quoi que ce soit. Je n’ai pas été bon en stratégie au début, je suis sorti. À la limite, c’est grâce à ça que mon parcours est beau donc je le garde comme ça.

Qui d’autre que vous mériterait ou aurait mérité, parmi les éliminés, de gagner?
Il n’y a pas grand chose à jeter parmi cette édition. Il y a beaucoup de gens qui méritent ou méritaient d’aller loin. Un de mes coups de cœur de cette édition, et par rapport au mérite, je dirais Clémence. Mine de rien, elle a gagné deux Koh Lanta. Autant sur les épreuves que sur le camp, on se dit que ce n’est pas pour rien. Elle m’a impressionné. Elle est un peu comme Claude qui, lui aussi, est remarquable. Ils sont admiratifs en survie, ils gagnent des épreuves. Ce sont des candidats complets.

À propos de Claude, de nombreux internautes n’ont pas apprécié son geste après votre victoire la semaine dernière…
Claude, c’est un compétiteur. Je pense qu’il était agacé de passer à côté de cette épreuve d’équilibre qu’il affectionne. Son geste, je pense que ce n’était pas forcément contre moi. C’était aussi parce que Laurent perd. Je le vois plus comme ça. Mais pour ne rien vous cacher, ça me fait plaisir que ça l’énerve. Quand on en arrive à pouvoir disputer des épreuves face à des machines comme Claude ou Laurent, j’en suis d’autant plus fier. Les gens ont beaucoup critiqué cette réaction sur les réseaux sociaux, mais ils auraient aussi critiqué s’il ne se passait rien. Il faut que ça bouge, sinon c’est pas drôle.

Est-ce votre dernier Koh-Lanta?
Ne jamais dire jamais. Mais on va attendre un peu. Koh Lanta c’est une émission pour ceux qui la regardent, mais une aventure éprouvante pour ceux qui la vivent.

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