Michaël Youn, l’artiste aux multiples casquettes

Loin de son image potache, Michaël Youn s’est révélé être un excellent acteur et particulièrement à la télévision. Après Fugueuse, on le retrouve cette semaine dans M’abandonne pas, un téléfilm poignant qui dénonce les dérives de l’Aide Sociale à l’enfance. Retour sur un parcours presque sans faute.

MICHAËL YOUN, MAXIME BERGERON dans M'abandonne pas
Diffusion le 29 novembre à 21h05 sur TF1

On aurait adoré vous proposer l’interview de Michaël Youn. Parce qu’il en a des sujets à aborder l’acteur/ réalisateur/producteur/scénariste/animateur. Mais cela s’est avéré impossible, le personnage étant accaparé par ses nombreuses obligations et ses tournages. Qu’à cela ne tienne, nous avons nous des choses à dire sur celui qui a commencé sa carrière comme animateur sur Skyrock. Un endroit où on ne s’attendait pas forcément à retrouver ce fils de professeur, auteur d’un brillant parcours scolaire (il a entre autres décroché un master en management). Mais, intéressé par une carrière artistique, il bifurque totalement, s’inscrivant par ailleurs pour des cours de théâtre au Cours Florent. En 2000, il est repéré par M6 qui lui confie le Morning Live, une émission matinale au cours de laquelle il enchaîne les sketchs et ses apparitions, armé de son mégaphone. Le phénomène Youn est en marche. C’est à cette époque qu’il crée le groupe parodique, Bratisla Boys.

Comme beaucoup avant lui, Youn est alors appelé par le grand écran. Il joue tour à tour dans La Beuze, Les Onze commandements et Iznogoud. Pas forcément des chefs d’œuvre. On le croit alors casé dans ce rôle de potache – qui avouons-le, lui va comme un gant. Après tout, en tant qu’humoriste, il est excellent. Mais il n’a pas envie de se limiter. En 2010, il réalise Fatal, son premier long métrage. S’en suivront deux autres (Vive la France en 2013 et Divorce Club en 2020) et un troisième en projet. Entretemps, l’acteur effectue un virage à 180° et débarque sur les écrans télés dans des fictions. C’est la révélation. Cantonné à des rôles dramatiques, il crève l’écran. En témoigne la récente déclaration de Fauve Hautot, qui lui donne la réplique dans M’abandonne pas: «Nous ne étions jamais rencontré avant et j’avoue avoir ressenti une petite crainte à l’idée de le décevoir. Michaël est un sacré comédien.»

Empreint d’une sensibilité dont on ne se doutait pas, Michaël Youn débute dans deux téléfilms (L’Esprit de famille et Mon frère bien-aimé) avant de s’investir dans les séries. Et c’est absolument génial. Dans Les Bracelets Rouges, pendant deux saisons, il incarne le père d’une enfant malade. Ensuite, il y a le formidable et poignant Le jour où j’ai brûlé mon cœur (l’adaptation du roman de Jonathan Destin, victime de harcèlement scolaire). Il enchaîne avec le rôle de Jean-Michel Bezzina dans Une affaire française et impressionne ensuite avec Fugueuse. Où il tient une fois de plus un rôle de père. Comme il le déclarait récemment à Nikos Aliagas dans 50Mn Inside, « tout ce qui touche à l’enfance me bouleverse. Je n’aurai pas pu jouer ce genre de rôle avant d’être papa moi-même ». Et interrogé sur son choix de rôle dramatique, il se dit ravi qu’on pense à lui pour ce genre d’interprétation et surtout de ne pas être limité à « l’image d’une paire de fesses nues avec un mégaphone dans les mains ». En choisissant l’humour au cinéma et le drame à la télévision, il a en tout cas trouvé la clé du succès. On en redemande.

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