Sauver le permafrost pour sauver la planète

Deux scientifiques se sont donnés pour mission de sauver l’humanité du réchauffement climatique en revenant aux bases de la nature.

Retour à l'âge de glace RTBF
Diffusion le 6 novembre à 23H10 sur La Trois

Retour à l’âge de glace, l’hypothèse de Zimov. Le titre du docu fait penser à une mystérieuse expérience en laboratoire. Un truc un peu confidentiel, à la limite des expérimentations menées lors de la Guerre froide. Il n’en est rien. Quoique, en fait… Si les plans de Serguei Zimov et de son fils Nikita, deux scientifiques russes, n’ont rien avoir avec un quelconque conflit, il fait au moins très froid puisqu’ils prennent place au-delà du cercle polaire, aux limites sibériennes. Et surtout, c’est bien une expérience, mais à beaucoup plus grande échelle qu’un labo.

Ensemble, ils ont entrepris de ramener des troupeaux d’animaux au cœur des steppes à mammouth de Sibérie. Comme à l’âge de glace. Revenir des millénaires en arrière, c’est le plan de la filiation Zimov. Pourquoi? Pour lutter contre le réchauffement climatique. L’idée est que bisons, chevaux yakoutes, rennes ou bœufs musqués recommencent à piétiner la neige du permafrost. En marchant dessus, ces grands herbivores permettent au permafrost de rester gelé et compact. Ce qui favorise son action de réflexion des rayons du soleil. De quoi protéger la Terre de tout ce qui est emprisonné dans le permafrost depuis des milliers d’années: tonnes de méthane, de CO2, de mercure et de virus.

On parle de restaurer un écosystème millénaire et disparu. Le projet est ambitieux mais il faudra bien ça car la fonte du permafrost est déjà une réalité. L’issue du travail des Zimov est terriblement importante, il suffira de quelques degrés pour faire exploser la boîte de Pandore, et voir toutes ces crasses sortir des terres comme les fantômes s’échappent de leur enclos dans Ghostbusters. Le film du réalisateur franco-russe Denis Sneguirev est impressionnant. Durant deux ans, sa caméra a suivi le quotidien de la taïga sibérienne. Immaculé, il rappelle que la nature n’attend pas. Mais que des solutions existent, si l’on veut bien s’en donner les moyens.

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