À la télé ce soir: Anna, un conte post-apocalyptique

Après Il miracolo, Niccolò Ammaniti donne chair à Anna, son enfant perdue dans un monde sans adultes.

la série Anna
@ Arte
Diffusion le 4 novembre à 20h55 sur Arte

Adapter c’est trahir, dit l’adage. Niccolò Ammaniti s’est chargé lui-même de tripatouiller son roman de 2015, Anna, pour en donner une version en six épisodes. Comme dans le cas de l’envoûtante Il miracolo (l’une des meilleures séries vues ces dernières années… qui existe en DVD d’ailleurs), l’auteur a pris les commandes du scénario comme de la réalisation. Il a ajouté des scènes, modifié des relations entre les personnages. Pour donner à son court conte cruel l’épaisseur nécessaire à la mise à l’écran. Il a bien fait. Très.

On précise avant tout qu’Anna n’est pas à mettre devant tous les yeux. La violence, jamais gratuite, y est réelle, crue, et choque d’autant plus qu’elle touche aux enfants. On y parle aussi pandémie. Même si l’histoire a été créée bien avant la nôtre, elle remue des moments douloureux du présent et ravive des images un peu fraîches. Cela lui donne, aussi, une dimension supplémentaire. Le pitch est simple: une épidémie, La Rouge, a tué tous les adultes. Ne restent vivants que les enfants. Lorsque arrive la puberté, ils succombent comme leurs parents. Dans la Sicile abandonnée, une jeune fille, Anna, part à la recherche de son petit frère qui a été enlevé. La série va la suivre dans son périple, devant réinventer sa vie, s’éloigner petit à petit des conseils et règles que lui avait laissés sa maman. Elle va être confrontée à la dureté des mômes survivants (on pense forcément à Sa Majesté des Mouches ou à Peter Pan).

Déjà vu? Oui, dans la BD Seuls ou dans le très moyen The Society, teendrama de Netflix. Mais pas comme ça. Niccolò Ammaniti y voit le récit ”d’une orpheline qui doit devenir mère à son tour. Elle éprouve un sentiment de culpabilité intense, qui lui donne la force de surmonter les épreuves. Pour moi, la liberté seule n’est pas viable: on a besoin de se sentir coupable pour pouvoir tendre vers l’avenir. L’histoire d’Anna ressemble à un conte. On l’accompagne dans un voyage qui la confronte à des obstacles de plus en plus difficiles”. Le tout dans des images d’une beauté extraordinaire, qui ont capté l’âme de l’île comme rarement. Quel bonheur, une série d’auteur.

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